Manifestation de la fonction publique hospitalière ce jeudi à Montluçon (Allier) : « Les services sont saturés, les effectifs épuisés »
Leur état se dégrade… et ils veulent que ça se sache ! À l’appel de la CGT, une soixantaine de personnes officiant dans la fonction publique hospitalière (santé ou social) a manifesté ce jeudi 21 janvier après-midi, à Montluçon (Allier). D’abord devant la permanence de la députée En Marche, Laurence Vanceunebrock, puis sur le parvis de la sous-préfecture. Des agents du centre hospitalier, de l’Unapei ou encore des Ehpad étaient présents.
Les revendicationsPlusieurs exigences ont été formulées :
« On souhaite avant tout que l’augmentation de 180 euros par mois, attribuée dans le cadre du Ségur de la santé aux soignants de la fonction publique hospitalière, le soit également pour ceux du social », a indiqué Magalie Ferreira Neves, déléguée CGT. « On demande aussi une hausse du nombre de lits, des embauches et de meilleurs salaires », a-t-elle ajouté, rappelant « qu’en dix ans à l’hôpital de Montluçon a perdu environ 140 postes et que des services comme celui d'ophtalmologie ont été fermés ». Le syndicat se dit « indigné quant au retrait de la médaille du travail dans l’Allier » , sur décision préfectorale. « Surtout en cette période de crise sanitaire, c'est une reconnaissance en moins, c'est insultant, on nous crache à la figure », s'est emportée Magali Ferreira Neves. « Enfin on a fait remonter au représentant de la députée qu'on voulait un treizième mois décent et non une prime au mérite, car on est tous méritants ! », a terminé Magalie Souche, secrétaire CGT de l'hôpital.Force Ouvrière :Dans un communiqué, publié ce mercredi 20 janvier, FO a annoncé que « l’extension du CTI (le complément de traitement indiciaire) est actée en direction de l’ensemble des personnels relevant d’un service ou d’une structure rattaché à un établissement public de santé ». Le syndicat a aussi « obtenu que les GIP (groupements d’intérêt public) à vocation hospitalière et les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) rattachés à des Ehpad de la fonction publique hospitalière soient éligibles au CTI ».
Les témoignages des manifestantsLa fièvre monte et la crise sanitaire actuelle fait office de lourd effet secondaire : « Les services sont saturés, les effectifs épuisés », nous a affirmé une soignante du centre hospitalier, sous couvert d’anonymat. « On est proche de la rupture, tant physiquement que mentalement… Certains ont dû se faire arrêter tellement ils étaient débordés, ce qui augmente la charge de travail des autres », poursuit-elle. « Et il ne faut pas oublier non plus la peur d’attraper nous-mêmes le Covid ».
« C'est compliqué à vivre... Il y a des matins où on se demande pourquoi on est là. On sait pourquoi, mais on n'avait pas choisi ces conditions pour exercer notre métier. »
Le diagnostic posé est identique chez cet agent technique de l’hôpital, qui préfère lui aussi rester discret : « On nous a promis beaucoup de choses mais on nous enfume », vocifère-t-il. « On manque de moyens financiers et matériels, on est rappelé sur nos repos ou nos congés. Donc à un moment il faut crier haut et fort qu’on en a marre ! ». En espérant être entendu…
On est dépité de devoir travailler dans ces conditions là. Il y a beaucoup plus de pression qu'auparavant. Les gens sont à la limite de craquer.Un agent des services techniques de l'hôpital
Texte : Luc BarrePhotos : Florian Salesse