J'ai testé à Clermont-Ferrand l'essai clinique Coviplasm : le bon plasma des personnes guéries du Covid-19
Une petite confidence pour commencer : j’ai été testé positif au coronavirus il y a quelques semaines. Rien de grave en ce qui me concerne mais me voilà entré dans la grande famille de « ceux qui l’ont attrapé », me voilà devenu le quelqu’un de quelqu’un qui peut dire : « Je connais quelqu’un qui l’a eu ».
Le messageAlors que je méditais sur la durée de mon immunité (deux, trois, six et même huit mois selon les dernières études), j’ai reçu il y a peu un message de l’Établissement français du sang du Puy-de-Dôme. Il m’invitait à donner mon plasma.
« Nous avons particulièrement besoin de donneurs de votre groupe sanguin et guéris du Covid-19 depuis au moins 28 jours pour ce type de don ».
Donneur de sang bénévole, je n’avais encore jamais franchi le pas pour le plasma dont les vertus sont reconnues et qui peut être collecté, il faut le rappeler, toutes les deux semaines. Un paragraphe m’a convaincu : « Votre don de plasma sera utilisé prioritairement pour le traitement des malades du Covid-19 dans un cadre bien défini afin d’évaluer l’efficacité de ce traitement, mais aussi pour tout autre patient dont l’état clinique nécessite une transfusion de plasma ».
Le donSautons l’étape de la prise de rendez-vous et je me retrouve assis sur un fauteuil de la Maison du don à Clermont-Ferrand, très bien accueilli par le personnel de l’EFS. Ceux qui ont déjà donné leur plasma connaissent le principe de l’aphérèse qui consiste à prélever le sang, à séparer le plasma grâce à un automate puis à restituer globules rouges et plaquettes. Près de 400.000 prélèvements de ce type sont réalisés tous les ans en France.
Pour l’opération Coviplasm à laquelle je participe, le protocole est le même si ce n’est qu’il faut ajouter un ou deux codes à ma fiche pour que les quelque 650 ml prélevés suivent les bons circuits.
Les anticorpsLe docteur Alberto Motta me rend visite. Très pédagogue, il me fait une piqûre de rappel en soulignant que le plasma est composé à 90 % d’eau, que les groupes sanguins AB et B, parce qu’ils sont plus rares que les A et les O, sont recherchés. Et il me confirme ce dont je me doutais : « Le plasma des personnes convalescentes du Covid-19 contient des anticorps contre le coronavirus. À ce jour, on sait que le taux d’anticorps reste assez élevé pendant trois mois puis il diminue. L’intérêt est donc de prélever le plus possible ce plasma tant que les anticorps sont là ». Autrement dit, le médecin me conseille vivement de revenir dans quinze jours pour donner à nouveau mon plasma.
La suitePendant que je continue à masser la petite poire en plastique pour faciliter la bonne circulation du sang, une question me trotte dans la tête. Que va devenir mon plasma?? Alberto Motta m’explique, en vulgarisant au maximum. « Nous allons envoyer votre plasma à notre service de préparation. Il sera mélangé à une solution antiseptique puis séparé en trois poches de 200 ml chacune. Ces poches seront irradiées aux rayons UVA. Vingt minutes après, on va filtrer ce plasma pour récupérer la solution antiseptique et immédiatement on va le congeler à - 30 °C. On le mettra en quarantaine en attendant les résultats des analyses de votre sang que l’on a prélevé au début du don. Dès qu’ils seront connus, votre plasma sera mis à disposition des cliniciens. »
Ça y est, la collecte s’achève. Ni douleur ni fatigue, tout s’est bien passé. Depuis mon arrivée, une heure et demie s’est écoulée, entre l’attente et le don. Il faut le prendre en compte, d’autant qu’il reste la collation… et la prise de rendez-vous. Car oui, j’ai bien entendu le message : je reviendrai dans quinze jours.
Pratique. Plus de détails sur l’essai clinique Coviplasm sur le site de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris : www.aphp.fr
Thierry Senzier