Condamné pour la folle course-poursuite sur l'A89 dans le Puy-de-Dôme après trois ans de cavale
Comme dans les films de gangsters. Sauf qu’il s’agit bien de la réalité. Soupçonné d’être à la tête d’un vaste trafic de stupéfiants, Karim Djébari était dans le viseur du SRPJ de Clermont-Ferrand qui l’avait placé sur écoute.Le 2 juillet 2017, les enquêteurs l’attendent aux abords du péage des Martres-d’Artière. Vers 20 h 30, sa Clio arrive à la barrière. Trois véhicules le prennent en étau. Il a ordre de s’arrêter. Karim Djébari semble coopérer. Le convoi sort à l’aire du Branchillon. Puis s’arrête. Mais le quadragénaire redémarre brusquement. Une course-poursuite s’engage alors sur l’A89. Elle se prolongera sur plus de vingt kilomètres.Dans la voiture du trafiquant présumé, son fils de 12 ans et sa fille de 16 ans.
« Je partais en vacances. J’ai pas le permis, j’étais au téléphone et je fumais une cigarette. Vu mes antécédents judiciaires, je savais que je retournerai en prison. Je voulais profiter des vacances avec mes enfants, ça faisait longtemps qu’on en avait pas eues car je venais de sortir de détention. J’ai pris l’option de prendre la fuite. »
Les policiers à ses trousses, il donne des coups de volant à gauche, à droite, fait des pointes à 180 km/h. Il essaie de s’engager dans la voie menant à la sortie Thiers Centre, mais un véhicule de la PJ qui tente de le bloquer l’en dissuade. Le chauffard poursuit sa course folle. Ses poursuivants parviennent enfin à le doubler dans les monts du Forez. L’automobiliste pile et se retrouve à contresens. À l’arrêt. L’un des enquêteurs le braque avec son arme de service, le sommant de sortir de la Clio. Karim Djébari enclenche la marche arrière. Le policier tire dans les roues. Pour éviter la Renault qui lui fonce dessus, il saute sur le bas-côté. « Je n’ai pas reculé », réfute toutefois le prévenu. Le policier fait feu à nouveau. L’un des pneus arrière éclate.
« Je ne suis pas en train de vous dire que les policiers mentent mais lui, il conteste les faits de violences, plaide Me Amar Bouaou en défense. Quand il y a deux enfants derrière, on ne tire pas, même si on tire bien et qu’on vise les roues. »Son véhicule passablement endommagé, le quadragénaire prend la fuite à nouveau. Il parcourt encore cinq kilomètres – sur la voie de gauche et à contresens – avant de sortir à Thiers-Ouest. Arrivé à Vichy, il dépose ses enfants chez son frère.
Réparée, la Clio est signalée dans l’Aude le lendemain, filant en direction de l’Espagne. Puis, un jour plus tard, au détroit de Gilbraltar. Karim Djébari a rejoint le Maroc. « À Tanger, je suis resté dans l’appartement d’un ami et j’ai tenté de subvenir à mes besoins par le métier que je connais : plâtrier-peintre. »Sa cavale va durer près de trois ans, jusqu’à son interpellation, par Interpol, le 21 avril dernier. Il ne sera extradé en France qu’en décembre dernier. Trois mandats d’arrêt avaient été délivrés à son encontre.Hier, il était enfin de retour devant une juridiction française. Il a écopé de trente mois de prison pour refus d’obtempérer en récidive, mais relaxé des violences volontaires sur un policier. Il est maintenu en détention.
Julien Moreau
Le procès des 250 kg renvoyé. La PJ clermontoise avait l’intention d’interpeller Karim Djébari en juillet 2017 pour son rôle présumé de chef d’un trafic de drogue qui a mené la police à la découverte de 250 kg de cannabis dans un box, à Clermont-Ferrand, en mai 2017. Il est renvoyé devant le tribunal correctionnel avec huit complices présumés. Le dossier devait être jugé hier et aujourd’hui, mais certains avocats ayant fait des demandes d’actes qui sont toujours en suspens, le tribunal a dû renvoyer l’affaire. D’ici là, Karim Djébari, récidiviste en matière de trafic de stupéfiants, est maintenu en détention. Les autres protagonistes restent sous contrôle judiciaire.