Un couple de cultivateurs de plantes aromatiques et médicinales à Saint-Bazile-de-la-Roche place ses espoirs dans un financement participatif
Vivre autrement, plus près de la nature, sans empreinte carbone, écologiquement, beaucoup en parle, certains le font. C’est le choix de vie qu’on fait Javotte Boutillier et Stéphane Dhur, installés au bout d’un minuscule hameau à Saint-Bazile-de-La-Roche. Ils se présentent comme semeurs cueilleurs.
Javotte Boutillier y vit depuis une dizaine d’années. Avec son compagnon, Stéphane, ils produisent depuis cinq ans des plantes aromatiques et des plantes médicinales.
Un coup de main avec contrepartie“Cette année, ce sera notre cinquième récolte, indique Javotte, et nous avons des projets pour l’avenir, nous devons diversifier nos activités et surtout diversifier nos plantations”.
Les deux semeurs cueilleurs le reconnaissent volontiers : ils ne sont pas doués pour la communication et ils ne sont pas très à l’aise pour demander quoi que ce soit. Aussi la formule d’un financement participatif leur a semblé LA solution. ”D’autant que c’est une demande avec contrepartie, signale Stéphane. "En échange, nous offrons soit des tisanes, des bouquets séchés ou même un séjour de quelques jours."Stéphane et Javotte ont fait le choix d'une vie au plus près de la nature et des plantes. Le chien, Planche, ne s'en plaint pas.
Car Javotte et Stéphane ont également construit deux cabanes qu’ils proposent en location saisonnière. Justement, jusqu’à présent, leur plus gros donateur est un couple qui est venu plusieurs fois chez eux en vacances. “Nous avons aussi une donatrice qui nous a donné un euro, “parce qu’elle n’a pas d’argent”.
Les sommes récoltées sont destinées à payer le toit d’une grande serre déjà à demi installé. Une autre partie servirait à clôturer le terrain au hameau d’Yzorche. Enfin, Javotte a besoin d’un peu plus d’argent pour financer ses semences.
Un toit bienvenu pour la serreActuellement, ils tirent leurs revenus de la vente de tisanes, aromates et hydrolats (sur Internet, sur les marchés d’Argentat et dans deux lieux d’Argentat). La location de leurs cabanes également.
“On n’a pas besoin de beaucoup, nous faisons l’expérience de vivre avec moins, mais nous ne pouvons pas investir.”
On a suivi la taille d'une vigne à Branceilles (Corrèze)
La clôture ? Là où ils vivent, l’équipement ne serait pas du luxe. Leurs jardins et leurs plantations font la curiosité des biches et des chevreuils.
Les semences ? Javotte ramasse ses propres graines et voudrait être autonome, mais elle doit aussi diversifier sa production.Quant à la serre, elle est rigoureusement indispensable. “De nombreuses plantes ne supportent les froids que nous avons ici”.
Sur Blue Bees. Pour accéder à leur campagne de financement : https ://bluebees.fr/fr/project/816-jardins-yzorche.
Arnaud Besnard