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Une marche militante a réuni 280 personnes à Volvic (Puy-de-Dôme) pour la journée mondiale de l'eau

Le rendez-vous était donné à la pisciculture de Saint-Genès-l’Enfant, à Malauzat. Depuis sa fermeture, en novembre 2018, elle est devenue un « symbole » du combat de ce collectif de quinze associations, essentiellement contre la Société des Eaux de Volvic.

Une pisciculture à l'arrêt

« La source de la Chapelle, enfant, je m’y baignais. Aujourd’hui, elle est totalement asséchée », commence Édouard de Féligonde, propriétaire des lieux, face à une cascade à l’arrêt et quelque 280 personnes.

« Vous avez 80.000 personnes qui viennent chaque année voir une source qui n'existe pas. La source de Volvic, elle est ici, à la pisciculture et elle est à sec ! Danone a construit des puits et ils pompent quand ils ont besoin d’eau. Résultat : ils nous mettent à sec l’été et cela rend l’usage des bassins impossible. Et ce qui se passe ici se passe aussi en aval où des murs de maison se fissurent pour que des bouteilles en plastique soient envoyées à l'autre bout du monde », affirme Édouard de Féligonde. 

Un discours qui fait écho aux revendications du collectif à l’origine de la marche, qui dénonce « la privatisation de ce bien commun (l’eau) par des multinationales au détriment du consommateur et de la biodiversité ».

Le forrage des eaux de Volvic décrié

« Volvic est un des cas les plus flagrants d’accaparement de l’eau au détriment de l’intérêt commun », considère Mathilde Panot, députée La France Insoumise et présidente de la commission d’enquête sur la mainmise sur l’eau par les intérêts privés. Présente ce dimanche matin, elle a dénoncé notamment le fait que, en cas de sécheresse, « des restrictions s’appliquent à la population, tandis que Danone est autorisé à poursuivre son activité de forage sans qu’aucune étude d’impact ne soit réalisée ».

« L'eau pour la vie doit être plus importante que l'eau pour le profit. »

« Le niveau de prélèvement autorisé pour Danone est tel que la nappe baisse et donc que les cours d’eau s’assèchent, si bien que, en 2025, toutes les sources seront à sec. À Marsat, il n'y aura plus de cascade dans la rue des Cascades. Nous sommes dans un écocide programmé et tout cela se passe dans une omerta totale», insiste l’association PREVA.

Pêcheurs et agriculteurs au rendez-vous

Parmis les manifestants, des familles comme Julie venue avec son fils pour « le sensibiliser à l'importance de préserver la ressource en eau ». Des locaux, comme Sonia et Gérard qui n'ont « pas envie de boire de l’eau dégoutante de l’Allier parce que Danone nous pompe notre bonne eau ». Mais aussi des paysans, comme Gilles, vigneron et membre de la Confédération paysane 63 qui dénoncent la «consommation abusive en eau» de producteurs de maïs.

Le monde de la pêche était également représenté avec notamment la présence de Sylvie Levadoux et Sébastien Fortes, gardes-pêche au sein de l’AAPPMA. « On le voit, il y a de moins en moins d’eau dans nos rivières, assurent-ils. Mais sans eau, il n’y a pas de vie. C’est tout un écosystème qui est en danger. » 

Une réorientation de l'usine ?

Devant l’usine d’embouteillage de Volvic, les manifestants ont accroché des bouteilles d’eau vides aux grilles de l’entreprise et une lettre a été adressée au président de Danone. Elle demande « d’étudier sérieusement une réorientation de l’usine vers des activités plus économes en eau et à plus haute valeur ajoutée économique et environnementale,  au service de la santé et de l’alimentation des populations locales et en co-gestion avec les habitants, paysans et élus du territoire, ainsi que les salariés de la société des eaux de Volvic ». 

De son côté, la Société des Eaux de Volvic rappelle que sa « responsabilité première » est "de garantir la qualité et la pérennité de l’eau minérale naturelle Volvic pour les générations actuelles et futures ». Elle « travaille continuellement, et ce depuis plusieurs années, avec l’ensemble des acteurs impliqués autour de ces enjeux » et "investit sur son site d’embouteillage pour réaliser des économies d’eau (baisse des prélèvement de 13 % en 2019 et de 16,5 % en 2020 comparé à la quantité maximale autorisée) ».

Votation citoyenne. Une votation citoyenne a été lancée pour inscrire le droit humain à l’eau dans la constitution. https://eau.vote/

Jeanne Le Borgne

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