Quatre ans après son inauguration, la piste BMX d'Ambert (Puy-de-Dôme) se cherche un avenir
Inaugurée en 2017, la piste BMX située sur la base de loisirs d’Ambert suscite bien des interrogations.
Car le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis sa création, son utilisation est loin d’être optimale.
Une genèse compliquée. Dès le début, la piste BMX a connu des moments difficiles. Dès sa conception même : « On s’est largement inspiré de la piste de Pau, relate Michel Beaulaton, adjoint aux sports sous la mandature de Myriam Fougère et alors en charge du dossier. Mais nous avons fait une erreur, nous n’avons pas pris de maîtrise d’œuvre. Nous avons contacté la Fédération Française de Cyclisme pour avoir des conseils mais nous n’avons pas eu de réponse. »
Non conforme pour la FédérationLes travaux, lancés en 2015, se font tant bien que mal et une fois finis, la piste qui était prévue pour accueillir des compétitions au niveau départemental et même régional, s’avère non conforme. Quelques modifications sont apportées et la structure obtient finalement une certification de la FFC qui l’autorise à organiser des compétitions au niveau départemental. Entre les travaux supplémentaires qui ont dû être effectués et les intempéries, la piste est livrée avec un an de retard.
Plus d’association pour la faire vivre. Mais il y a en plus un « léger » problème : pour que la structure soit exploitée, il faut une association sportive qui l’anime. Or, si la piste a été réalisée à la demande d’utilisateurs potentiels, et en relation étroite avec « Mountain Bike School », section autonome du Centre VTT, plus personne ne se manifeste pour la faire vivre une fois l’équipement prêt à être exploité. Sa création répondait pourtant, aux dires des responsables de l’époque, à une forte demande. « Il y avait eu une réunion salle Chabrier, raconte Michel Beaulaton, avec une soixantaine de personnes. Des parents insistaient pour qu’on ait cet équipement. »En septembre 2017, les jeunes du Mountain Bike School étaient au rendez-vous
Pratique du VTT plutôt que du BMXDes propos appuyés par Patrick Besseyre, président du centre VTT. « À l’école Mountain Bike School, il y avait une forte demande des parents pour le BMX, rapporte-t-il, mais ça s’est vite étiolé. » Pourtant, en 2015, lors de l’assemblée générale du centre VTT, l’école disait « attendre avec impatience l’ouverture de la piste BMX » dont elle souhaitait être « un acteur important ».La quinzaine de jeunes que compte aujourd’hui l’école pratique le VTT, mais ne s’est pas tournée vers le BMX. Pour Patrick Besseyre, « on pourrait faire vivre la piste pendant la période scolaire et l’ouvrir aux touristes, organiser des stages. Mais il faut un animateur. »
« Voir ce qu’on en fait »220.000 € de travaux. N’en reste pas moins que la municipalité a réalisé les travaux, pour un montant total de plus de 220.000 € - certes subventionnés à près de 50 % - et que, contre toute attente, aucune structure associative ne s’est emparée de cet équipement pour le faire vivre. Si dans les premiers temps, la piste a été ouverte en période estivale à raison de trois créneaux de 2 heures hebdomadaires, elle nécessitait la présence d’un animateur. Aujourd’hui, la piste est ouverte au public mais encore peu utilisée. La nouvelle équipe municipale tente de trouver un moyen d’optimiser au mieux sa valorisation.
« La piste vivote en accès libre. On est conscient qu’elle est loin d’être utilisée à 100 %. Pour l’instant, on l’entretient à minima, on désherbe. Nous devons mener une réflexion pour voir ce qu’on en fait. »
Quelles pistes ? Pour étudier la question, Julien Almodovar, adjoint en charge des sports et de la vie associative, souhaite que la commission « animation-sport-culture et association » se réunisse pour porter une proposition au conseil municipal. Plusieurs options sont d’ores et déjà pointées : refaire des travaux pour pouvoir l’utiliser au niveau des compétitions, car elle ne semble finalement plus être conforme, l’adoucir pour la rendre plus praticable et donc accessible à un plus grand nombre… « On y arrivera, assure Julien Almodovar, les idées ne manquent pas.