Garder le rythme et suivre la cadence : l'objectif des équipes du vaccinodrome d'Issoire (Puy-de-Dôme)
« Vous êtes droitière ou gauchère ? Droitière ? Je pique à gauche alors ! » Les injections s’enchaînent depuis l’ouverture du vaccinodrome d’Issoire, le 3 mai. Dans les locaux de l’ancienne école de musique, agents de sécurité, hôtesses d’accueil, coordonnateurs et personnels soignants donnent le la pour accélérer la campagne de vaccination et sortir au plus vite de la crise. Pendant les neuf premiers jours d’ouverture du centre, auparavant installé à l’hôpital, quelque 2.743 personnes ont été vaccinées.
À l’accueil, une troisième hôtesse a donc été recrutée pour prendre en charge toutes les demandes. Les journées sont toujours bien remplies.
« On n’a pas les mêmes problématiques que les grandes villes. Doctolib, ça ne marche pas vraiment dans un petit centre comme Issoire. Chaque site a son fonctionnement », résume Virginie Gaubert, qui coordonne le vaccinodrome pour la Région. La Ville a mis les locaux à disposition et l’hôpital est responsable de la partie médicale. Ceci comprend le travail de l’ombre de deux pharmaciennes chargées de la réception et de la traçabilité des doses. Mais aussi la gestion des plannings et des fiches de paie des soignants qui œuvrent sur place.
Des infirmières multitâchesIci, les infirmières sont « multitâches. On fait tout. On remplit le questionnaire, on prépare, on injecte les doses et on apporte les certificats », détaille Christine Picard entre deux patients. Rien à voir avec l’organisation des vaccinodromes des métropoles. « C’est très différent de la Grande halle de Cournon par exemple, où chacun a un rôle très précis », ajoute Anne Ohl, infirmière libérale en congé parental.
Comme elle, les précieuses mains qui piquent plus vite que leur ombre sont des sages-femmes ou des infirmières à la retraite, qui se sont mises à disposition pour « participer à l’effort national. On a tous envie de ressortir. Il faut donc être vaccinés et pour ça, on a besoin de personnels qui vaccinent », indique cette habitante de Parentignat tandis qu’une “piqueuse” confie : « On manque de main-d’œuvre ! »
Jusqu'à six "piqueuses" travaillent à Issoire.
Des médecins retraités sont également mis à contribution, comme cette Issoirienne : « On m’appelle quand il y a des besoins, pour boucher les trous. Les professionnels en activité travaillent et ne peuvent pas être au four et au moulin. Moi, j’ai du temps. C’est normal ! » Un personnel dévoué, sans qui cette campagne de vaccination ne serait pas possible.
C’est simple : « Sans les retraités et les libéraux, on ne pourrait pas tourner », insiste Emmanuel De Mori, cadre de l’hôpital chargé de faire le lien avec le vaccinodrome. Actuellement, jusqu’à six infirmières et trois médecins se relaient au centre d’Issoire, ouvert du lundi au vendredi avec une nocturne le jeudi jusqu’à 20 heures. Un accueil 7 jours sur 7 ou les jours fériés n’est pas prévu pour l’instant. Quand des doses supplémentaires sont octroyées par l’ARS, comme cela a été le cas pour l’Ascension, elles sont réparties sur les autres jours de la semaine.
Un vivier de "piqueurs" limitéSi les laboratoires sont parvenus à produire davantage de vaccins, personne n’a encore inventé de formule magique pour multiplier les “piqueurs”. « Nous n’avons jamais été dans la difficulté pour recruter et avons une liste de gens mobilisables rapidement, mais cela reste sur la base du volontariat et notre vivier n’est pas si important. On ne peut pas leur demander de travailler non-stop », souligne Marilyne Deseubis. L’option de proposer plus de soirées est en revanche envisagée si la demande se présente. Et ce devrait être le cas. En parallèle, les enjeux de la vaccination et ses critères évoluent au niveau national.
Ce jeudi, Jean Castex a annoncé qu’elle serait avancée au 31 mai pour tous les Français. Emmanuel De Mori indique : « À chaque annonce pour augmenter l’éligibilité, il y a un appel d’air. Pfizer, c’est un peu devenu une rock star. Tout le monde est prêt à faire la queue pour la voir en vrai. » Pour cela, les vaccinodromes et leurs équipes ont besoin de tous les moyens, de toutes les volontés, pour suivre un rythme qui ne cesse de s’accélérer.
Rendez-vous. Via Doctolib, par téléphone au 06.14.96.51.03 ou au 06.24.63.88.22 ou sur place, 26 rue du Mas.
Marielle Bastide