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Pourquoi la commune de Louroux-Hodement (Allier) a fait le choix de restreindre encore l'accès au site du lagon bleu

Depuis plusieurs semaines, les habitués de la RD39 entre Louroux-Hodement et Hérisson ont sûrement remarqué qu’un portail avait été installé à l’entrée du site de l’ancienne carrière, plus communément appelé le lagon bleu, à la sortie de la commune déléguée de Haut-Bocage.

Des restrictions déjà en place depuis l'été dernier

Cette installation fait suite à la volonté des élus locaux de restreindre l’accès des véhicules au parking et a fortiori des personnes au site. C’était déjà le cas depuis l’été dernier, grâce à la mise en place d’une dune de terre et de rochers bloquant la route d’accès, après la constatation de nombreux dégâts tant sur les infrastructures présentes que sur la nature environnante.

« Ce qui avait été l’élément déclencheur de la restriction d’accès en août 2020, c’est le rassemblement de plusieurs dizaines de personnes au même moment. Elles avaient organisé des barbecues sauvages en pleine période de canicule et nous avaient fait craindre un incendie qui aurait pu se répandre à l’ensemble de la végétation et aux habitations à proximité. Nous ne pouvions plus laisser cette situation perdurer. »

La fréquentation a fortement augmenté ces dernières années et des activités, qui ont pourtant toujours été interdites, se sont développées. C’est le cas des barbecues. Pour alimenter leur feu, les personnes n’hésitent pas non plus à arracher des branches d’arbres et des pièces de bois des tables et des bancs de pique-nique ou à faire leur feu directement aux pieds des arbres qui brûlent... « Ça abîme la nature et c’est extrêmement dangereux, car ça pourrait déclencher un vaste incendie et détruire à jamais le cadre préservé de cet espace naturel remarquable. »

Malgré l’eau pure, la baignade est dangereuse

À l’origine, si le site est aussi bien connu, c’est grâce à la pureté rare de son eau.« Quand l’exploitation de la carrière s’est arrêtée avec le chantier de l’autoroute à la fin des années 1990, le trou s’est très vite rempli d’eau. Les gens des environs ont repéré l’endroit et venaient se baigner alors que le site appartenait à un particulier. » Dépassé par l’affluence, le propriétaire demande alors aux élus de la commune s’ils veulent bien s’en occuper.

« Quand nous reprenons le site à notre charge au début des années 2000, on s’était renseigné pour savoir si nous pouvions autoriser la baignade. On nous a dit que c’était impossible, car les falaises au bord de l’eau n’étaient pas sécurisées »

Si un éboulement a lieu, les risques d’aspiration vers le fond (à une profondeur d’environ douze mètres) sont trop importants. Avant, l’eau y était bleu-turquoise, aujourd’hui, elle reste claire, mais a perdu de sa superbe. Sa qualité a baissé à cause des personnes qui se baignent, même sans en avoir le droit.

Des méduses d'eau douce qui ne se voient plus

En même temps que le lagon, des méduses d’eau douce avaient aussi fait leur apparition. Une espèce qui ne se déploie que dans des eaux d’une pureté exceptionnelle.

Malheureusement, ces dernières ne sont plus visibles. Ce qui appuie d’autant plus la thèse de la dégradation de la qualité de l’eau par la baignade.

Des incivilités à répétition

D’autres incivilités, de plus en plus fréquentes, ont été constatées depuis l’été dernier : « Des personnes ont tagué le bâtiment à l’entrée du site, des bancs ont été cassés et une voiture a même été brûlée ».

Riverains et élus avaient aussi observé des comportements bien plus inquiétants, soupçonnant un trafic : « On voyait d’abord une première voiture arriver. Puis, quelques minutes plus tard, deux autres, avant qu’elles ne repartent un quart d’heure plus tard. Nous ne voulions pas être la caution de ce genre de choses. »

Les habitants du village ne voulaient plus s'y rendre

Au vu de tous ces éléments, les habitants du village, situé à quelques centaines de mètres, n’avaient plus l’envie d’y aller. Ils se plaignaient de ne plus pouvoir profiter du site.

« Ce sont pourtant eux qui paient son entretien à travers leurs impôts. Nous ne pouvions pas laisser faire encore et encore. Nous devions impérativement redonner sa vocation initiale au lagon bleu. Celle d’un espace naturel ouvert à la promenade et à la randonnée. »

L'accès au site retravaillé

Avec l’installation du portail, le parking est définitivement fermé. Ce dispositif permettra juste aux secours d’y entrer en cas de nécessité ou d’entraînement. Les véhicules ne peuvent pas non plus stationner sur la RD39. « Les automobilistes devront se garer dans le village, près des commerces », ajoute l’élu.

Bientôt un cheminement sera réalisé entre le centre bourg et l’entrée du site. « Le but, c’est aussi que la boulangerie, l’épicerie et la future buvette accolée à l’épicerie puissent avoir un retour sur la fréquentation du lagon bleu. Avant, les promeneurs ne fréquentaient pas du tout les commerces. »

Brian Le Goff

Photo d'archives : Cécile Champagnat

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