Street Art City, ville dédiée au graff au bord de la campagne de Lurcy-Lévis (Allier), rouvre ce samedi 22 mai avec sept nouvelles expositions
Quand Zach Oreo s’amuse à arpenter une rue parisienne et à descendre dans une bouche de métro qu’il a détournées et installées dans un couloir et une descente d’escalier, Zeso accueille le public dans une ambiance de fin du monde. Après son opus très sombre en 2020, Ted Nomad épure son art et prend son contrepied. Et Pink’Art RoZ nous enjoint à regarder dans le miroir et à passer de l’autre côté…
Pink'Art RoZ, tableaux "sombre-doux"L’artiste est connue pour avoir réalisé une immense fresque de Jacques Brel sur un immeuble de Vesoul.
Les œuvres qu’elle présente à Lurcy-Lévis sont poétiques, oniriques, « sombre-douces ». Derrière l’apparente douceur de cette petite fille étrange et sauvage qui peuple ses tableaux et un miroir XIXe, il y a la Mort : « J’ai revisité la légende bretonne de l’Ankou, le serviteur de la mort, qui libère les âmes des défunts. On l’imagine souvent comme un vieillard décharné. J’ai décidé que ce serait une petite fille ».
L’Ankou tient une clé et est accompagnée d’animaux « psychopompes », qui conduisent les âmes des morts, pies et chouettes en tête. Se croisent : l’éphémère, le cycle et le passage.
Zach Oreo, son nounours énervé, son Tintin tagueurDans un genre différent, mais pas moins enthousiasmant, Zach Oreo a installé boîte de nuit, magasin, bouche de métro et guichet dans son « Oreo boulevard », au sein du bâtiment principal. Un écrin pour ses détournements : « J’ai inventé ce petit nounours énervé. Je fais porter sa tête à tous les personnages iconiques de notre enfance, Gaston Lagaffe, Tintin, Astérix, Lucky Luke, qui deviennent… assez irrévérencieux ».
Ted Nomad, blancheur et sérénitéEn 2020, l’artiste – connu pour ses visages anonymes au regard hypnotique, en noir et blanc, réalisés au pochoir – avait habillé des pages et des pages de livres dans une ambiance très « dark ». Cette année, les mots construisent ses œuvres, via des tampons typographiques, « l’exact inverse des pochoirs ».
ZesoUn dôme noir d’encre sous lequel se fracassent des débris. Ce cocon chaotique abrite les dernières œuvres de Zeso, mi pop, mi natures mortes, dénonçant souvent nos excès du capitalisme, déchets en tête. « Dans “Mountain of waste, mountain of paper”, je fais le parallèle entre les déchets et le profit. J’ai inclus en fond de toile de vrais billets de banque ».
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Vincent LoisyIl peint au chalumeau sur des morceaux de cagettes. street art city
Kat & Action
Le duo fusionne animaux et géométrie.
Pratique. Ouvert tous les jours jusqu’au 1er novembre, de 11 à 19 h. De 12 à 20 € (gratuité pour les - 16 ans hors visite de l’hôtel 128).
Mathilde Duchatelle
Photos : Séverine Trémodeux