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Malgré l'interdiction, il se rend au domicile de son épouse, avec un couteau, à Nohanent (Puy-de-Dôme)

Il savait qu’il n’avait pas le droit de se rendre au domicile de son épouse ni d’entrer en contact avec elle. Le couple vit une séparation difficile. Il a eu un comportement violent avec elle et la justice a dû prendre des mesures de protection. « Pourquoi y allez-vous malgré tout ? », cherche à comprendre Anne David, la présidente de l’audience.

Il part à pied et en pleine nuit...

« J’avais des papiers à récupérer et je suis tellement mal dans ma peau », tente d’expliquer le quinquagénaire, jugé en comparution immédiate, hier. Les faits datent de jeudi. Le prévenu était parti de Châteauguay, où ses parents l’hébergent, en pleine nuit et à pied, pour se rendre à Nohanent, au domicile de sa femme.

Celle-ci est partie à son travail quand il pénètre dans la maison, alcoolisé, une lampe de poche dans la main droite, un couteau de chasse dans l’autre. C’est ainsi que le nouveau compagnon, qui dort à l’étage, le découvre en ouvrant les yeux.

" Il a eu peur mais je ne l’ai pas touché, je l’ai juste engueulé."

 Après l’avoir sommé de s’habiller, il lui ordonne aussi d’indiquer, sur un papier, son nom, son adresse et le nombre de relations qu’il a eu avec sa femme. L’inquiétant mari finit par quitter la maison, non sans emporter divers objets, dont les caleçons du nouveau compagnon, et proférer des menaces de mort. Il est rapidement interpellé par les gendarmes de Psig-Sabre de Clermont-Ferrand et amené à leurs homologues de la brigade de Chamalières.

"Un peu d'indulgence..."

« Je ne suis pas fier, madame la juge, mais je voudrais un peu d’indulgence », implore-t-il. « De l’indulgence, il y en a eu déjà eu pas mal à son égard », tance Me Arnaud Remedem, avocat de la partie civile. « Mon client n’arrive pas à comprendre qu’il doit oublier son épouse, il est au bord du gouffre », analyse Me Évelyne Ribes en défense.

Lors de l’audience, de récents drames où des maris violents n’ont eu que faire des interdictions auxquelles ils étaient soumis, sont également évoqués. « Notre responsabilité est de protéger les victimes », rappelle Christine Lachaud-Baudry au parquet. Elle demande une peine « qui tienne compte de la gravité des faits » : dix-huit mois de prison dont six assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Le tribunal retient les dix-huit mois, mais avec huit mois de sursis probatoire sur trois ans. Une peine assortie d’un madat de dépôt.

Olivier Choruszko

Tél. 3919. Les femmes victimes de violences peuvent contacter ce numéro d'urgence, gratuit et anonyme, accessible 7 jours sur 7.

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