Tombeur du RN dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand plus que jamais tourné vers 2022
C’est un scénario rêvé. Qui était presque inespéré voilà encore quelques semaines. Quand les différents instituts de sondage donnaient Xavier Bertrand au coude-à-coude avec Sébastien Chenu, son challenger du Rassemblement national.Avec une avance qui tourne autour de vingt points, 42,1 % contre 24,5 %, il n’y a pas eu de match. Le président sortant des Hauts-de-France, qui avait mis dans la balance la fin de sa carrière politique, a laminé la concurrence, transformant le second tour en simple formalité, LREM ayant déjà appelé à voter pour lui.
L’ancien ministre de la Santé semble l’avoir déjà enjambé, bien décidé à continuer la course en tête à droite pour une autre échéance, celle de la présidentielle de l’an prochain.
Le premier à prendre la parolePremier dans son camp à se déclarer, en mars dernier, dans la course à l’Élysée, Xavier Bertrand a cherché, hier soir, à accentuer encore son avance en prenant le premier la parole. Bien avant ses principaux rivaux que sont Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, qui sortent, eux aussi, assurément renforcés de ce premier tour. Histoire de continuer à imposer son rythme et à imprimer sa marque, son style volontiers frontal par rapport à ses adversaires désignés, le Rassemblement national et sa présidente.
Marine Le Pen fragiliséeCar des trois ténors de la droite, Xavier Bertrand peut, à juste titre, s’estimer grand vainqueur. D’abord parce qu’il était celui qui avait la partie la plus difficile et qu’il a réussi à laminer le RN dans une région où son implantation est la plus forte à l’échelle nationale, avec PACA. Ensuite parce qu’il fragilise, par ricochet, Marine Le Pen qui avait glané ici plus de 42 % au second tour aux régionales de 2015 et qui avait, cette fois, préféré déclarer forfait pour envoyer Sébastien Chenu en première ligne. Un pari raté qui, en dépit de la faible participation, l’excuse un peu courte du jour, sonne comme un vrai désaveu.
"Sans sectarisme et avec une seule boussole, l'intérêt régional"Dans sa courte mais offensive allocution, Xavier Bertrand a donné l’impression de ne plus s’adresser seulement à ses électeurs du jour mais déjà à l’ensemble des Français.
« Depuis 2016, nous avons fait notre devoir. Nous nous sommes battus tous les jours pour les femmes et les hommes des Hauts-de-France sans sectarisme et avec une seule boussole, l’intérêt régional, l’intérêt général. Ici, dans les Hauts-de-France, le FN a reculé parce que nous avons montré que par le travail, l’engagement et la cohérence, la politique n’était pas morte. Qu’elle avait encore un sens. Celui de servir pour rendre la vie moins difficile, pour rendre la vie meilleure », a-t-il lancé en préambule.
Les Hauts-de-France, laboratoire de pointe dans la lutte contre l’extrême droite?? Le président sortant semble, en tout cas, persuadé d’avoir mis au point le bon antidote.
« Nous avons desserré pour les briser les mâchoires du Front national. Leur démagogie, leurs propositions stériles, leur intolérance, tout ce qui divise et tout ce qu’est le Front national. Nous avons redonné fierté aux habitants des Hauts-de-France et nous continuerons à nous battre pour leur travail, leur pouvoir d’achat, leur sécurité, leur santé, leur environnement, le nécessaire équilibre entre les villes et la ruralité », a-t-il conclu.
Dominique Diogon