Projet Railcoop, ligne SNCF Paris-Montluçon, fonctionnement de la gare... Le Codérail fait le point (Allier)
De plus en plus de trains de retard... Voilà le constat général dressé par le Comité de défense et de développement du rail (Codérail) de la région de Montluçon (Allier) et du Val de Cher, quant à la desserte ferroviaire de ces territoires. Réunis en assemblée générale, ce samedi 19 juin au matin, les membres de l’association ont passé en revue leurs principaux sujets d'inquiétudes.
Railcoop et la ligne Bordeaux-LyonCréée en 2019, la coopérative ferroviaire française (SCIC) Railcoop a pour objectif de relancer la ligne Bordeaux-Lyon, via Montluçon notamment, avec des premiers trains attendus dès 2022. « On est contre ce projet », tranche Daniel Coffin, le secrétaire du Codérail.
« On peut comprendre que l’annonce déclenche un certain enthousiasme, car plus aucun train ne circule sur cette ligne depuis 2012 ». Mais?? « Mais on craint que cette ouverture à la concurrence ne crée des conflits d’usage entre ce nouvel opérateur et la SNCF, pour la tarification, pour faire coïncider les horaires, pour l’attribution des tronçons ou l’utilisation du matériel », liste-t-il.
« Au final on pense que cela ne va pas apporter d’amélioration aux usagers, par rapport à avant la fermeture de la ligne, mais plutôt leur compliquer la tâche. »
Même son de cloche chez Christian Penain, le président du Codérail : « Le projet peut sembler séduisant mais la SNCF et l’État doivent rester les aménageurs du territoire, que ce soit pour des lignes ouvertes ou fermées ».
La ligne SNCF Montluçon-Paris« La situation est scandaleuse, le trajet a été rallongé d’une heure en vingt-cinq ans », reprend Daniel Coffin. « Tant que des travaux ne seront pas réalisés sur les infrastructures, on n’ira pas plus vite et on ne convaincra pas la population de privilégier le train par rapport à la voiture ».
Autre souci, la fréquence des trajets : « Cela fait des années que le Codérail demande une desserte pour partir de Montluçon et arriver à Paris avant 9 heures le matin », remarque le secrétaire. « C’est pareil dans l’autre sens, la semaine, en partant de Paris, on ne peut pas arriver à Montluçon avant midi… Les besoins des usagers ne sont pas pris en compte ».
Le tronçon Montluçon - Vallon-en-SullyIl est long de dix kilomètres et se situe justement sur cette ligne Montluçon-Paris. « La vitesse y a été réduite à 40 km/h en raison de travaux, ce qui rallonge le temps de trajet », explique Christian Penain.
« À ce rythme-là, le retour à la normale ne se fera pas avant 2023 ou 2024. »
À quoi est-ce dû ? « Les trois quarts des rails et des traverses de ce tronçon datent des années 50-60 », indique Michel Dubreuil, de la CGT-Cheminots. « Il aurait fallu les changer avant mais plus aucun entretien préventif n'est fait, on attend que ça lâche pour intervenir et on impose des ralentissements ».
La gare de Montluçon
« Le premier train pour Clermont part à 7 heures, celui pour Paris à 8?h?20, mais le guichet n’est pas encore ouvert, alors que des gens pourraient en avoir besoin », constate Daniel Coffin. « On est aussi la seule gare de cette ampleur en Auvergne à ne pas avoir d’ascenseur pour les personnes à mobilité réduite ». Autre requête du comité : « La gratuité sur le parking devant la gare pour les usagers »... En résumé, « des choses simples qui permettraient d'améliorer l’attractivité ».
À Montluçon (Allier), le Codérail s'inquiète de l'usage qui sera fait des investissements de l'Etat en faveur du ferroviaire [08/12/2020]
Texte : Luc Barre Photos : archives Florian Salesse