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Outre l'abstention, la prime au sortant et le revers de LREM, quels enseignements tirer du 1er tour des élections régionales en Creuse ?

Réagissant à chaud aux résultats du 1er tour des élections régionales, la tête de liste creusoise du Rassemblement des écologistes, de la gauche et des citoyens,  Jérôme Orvain, estimait qu'il n'y avait pas eu, contrairement à la campagne de 2015, « d'animosité » sur la question écologique. 

Les écologistes doublent leur score de 2015

Dans un territoire rural comme la Creuse, qui plus est terre d'élevage, le doublement du score - de 4,87 % en 2015 à 9,75 % cette année - de la liste écologiste est en effet un signal fort. Il atteste que la question de la transition écologique prend de plus en plus d'importance chez certains électeurs. D'autant que la liste d'alliance de gauche d'Alain Rousset a quasiment conservé son score de 2015. Il n'y a donc, a priori, pas eu d'effet de vase communicant entre ces deux listes. Cela veut aussi dire que certains électeurs creusois trouvent le président sortant trop peu ambitieux en matière écologique. 

Percée du Mouvement de la ruralité

Dans le même temps, le Mouvement de la ruralité, anciennement Chasse, pêche, nature et traditions, mené par Eddie Puyjalon au niveau régional et représenté par Michaël Morand en Creuse, a effectué une percée remarquée, avec 6,99 %. Or, ce mouvement se caractérise par des critiques régulières envers les écologistes, accusés de favoriser notamment un développement outrancier des éoliennes - qui rencontrent une certaine hostilité en Creuse, comme ailleurs - voire de donner dans la critique systématique des agriculteurs, pratique aussi nommée « agribashing ». Un terme qui a toutefois l'inconvénient d'être un peu fourre-tout, et d'englober des demandes sociétales de changement ou d'évolution de pratiques agricoles. La tête creusoise de la liste des Écologistes, Jérôme Orvain, incarne d'ailleurs cette idée de pratique différente, alternative, puisqu'il est agriculteur biologique.

Une bataille idéologique autour de la notion d'écologie - de ce qu'elle englobe, de ses limites - est donc en cours et la Creuse devrait être un champ d'observation de premier ordre.

En Creuse, la gauche résiste et LREM connaît un revers lors des élections régionales

Sept points de moins pour le Rassemblement national

Positionné 3e du premier tour des élections régionales en Creuse, le Rassemblement national (RN) a réédité, sur la forme, sa performance de 2015. Sauf qu'à y regarder de plus près, le compte n'y est pas. Le parti, représenté dans le département par Damien Demarigny, affiche un score de 15,55 % des voix, contre 22,90 % en 2015, soit une chute de plus de 7 points. À cet égard, la tendance départementale rejoint la nationale, où le Rassemblement national a fortement reculé dans quasiment toutes les régions. Ses dirigeants se sont d'ailleurs empressés d'en appeler, juste après les résultats, à la mobilisation de leurs électeurs pour le second tour, considérant que l'abstention les a fortement desservis. À voir dans six jours si les électeurs y répondent.

Participation. 72 %. Le taux de participation des habitants de La Villedieu, les Creusois les plus motivés dimanche pour se rendre aux urnes. 21,4 %. Le taux de participation des habitants de Lavaveix-les-Mines, le plus faible du département. 59,5 Les plus gros scores (des candidats ayant terminé en tête dans au moins une commune creusoise) : - 59,5 % pour le candidat de la gauche, le président sortant Alain Rousset, à Féniers. - 60,9 % pour le candidat de droite, Nicolas Florian, à Gouzon. - 39,8 % pour la candidate d'extrême droite Edwige Diaz, à Saint-Dizier-les-Domaines. - 36,7 % pour le candidat écologiste Nicolas Thierry à La Villedieu. - 29,4 % pour la candidate de La France Insoumise Clémence Guetté à Beissat. - 45,9 % pour le candidat du Mouvement de la Ruralité Eddie Puyjalon à La-Chapelle-Saint-Martial

Daniel Lauret

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