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Violences conjugales à Ussac (Corrèze) : chronique d'une relation toxique qui ne pouvait que mal se terminer

Un homme sur le seuil de la porte, une femme sur le canapé avec le nez en sang, un cadre éclaté sur le sol dans le couloir de la maison. Quand les gendarmes interviennent, ce 17 juin 2021 à Ussac, vers 23 heures, la dispute vient de se terminer. Pour les deux acteurs, leur relation amoureuse pathologique s'est terminée par un coup de sang.

Ce lundi 21 juin, c’est le conjoint, un homme de 44 ans, qui devait répondre de « violences conjugales » et de « menaces de mort » sur sa compagne, dont il partageait la vie depuis deux ans et demi. Devant le tribunal de Brive, il raconte : « Je rentrais de l’enterrement de mon grand-père. Je lui ai dit que je ne voulais pas la voir. Je me suis enfermé dans la chambre. C'est alors qu'elle s’est mise à taper sur la porte, si fort que le cadre fixé au mur est tombé. Quand je suis sorti, la bagarre a éclaté », explique le prévenu, qui n’a pas cherché à fuir sa responsabilité.

La victime étranglée et frappée

Car si des insultes ont, semble-t-il, fusé de part et d’autres, sa réaction a été particulièrement violente. « Il m’a étranglée en m’insultant, jusqu’à la cuisine. Puis une deuxième fois, jusqu’à l’évier. Puis une troisième fois jusqu’à l’entrée de la maison, où il m’a donné un coup de tête dans le nez. J'ai cru mourir », a expliqué la victime dans sa déposition, à qui le médecin légiste a prescrit une ITT de 15 jours.

Le mis en cause poursuit : « Je suis sorti de la maison, et j’ai appelé son père pour lui dire de venir chercher sa fille, sinon j’allais la tuer. Il a dit que ce n'était pas ses affaires. » Un « appel à l’aide » selon la défense, que le parquet requalifiera de « menaces de morts indirectes ».

Ce couple, n’en était malheureusement pas à sa première dispute. En novembre 2019, le prévenu avait déjà appelé la gendarmerie suite à des violences, mais il n’y avait pas eu de suites. Durant l’été 2020, la conjointe avait de son côté consulté un médecin, suite à des blessures au niveau du cou. À l'audience, lui accuse sa femme de jalousie, elle son conjoint de ne pas être présent pour elle.

Deux aimants qui s'attirent 

Dans cette relation tumultueuse, le plus difficile était peut-être la séparation. Entamée à plusieurs reprises, elle n'a jamais abouti. Deux aimants magnétiques.

« Il me rabaissait. Mais quand il revenait, je retrouvais celui que j’avais connu au début de notre relation », a déclaré, à la barre, la victime, qui a eu le nez brisé. « On avait une attirance très forte. Un regard et ça repartait. C’était un amour bizarre, violent. Je n’ai pas voulu voir que c’était une relation toxique. Je ne voyais plus mes amis et mes proches », a décrit son conjoint, qui veut mettre un terme à cette histoire.

140 messages dans la journée

Le jour de leur dernière dispute, plus de 140 messages avaient été échangés entre les deux protagonistes. Il y était question de tout sauf d’amour.

« Il y avait de la toxicité dans ce couple, mais elle ne saurait justifier les violences. Il y a une victime qui a subi des violences graves. Mais nous avons besoin de connaître la genèse de ces violences. Entre les deux, cela ne pouvait que mal se terminer. Il faut que leur séparation soit actée par l’institution judiciaire », a souligné Émilie Abrantes pour le Parquet, qui a requis contre le conjoint six mois de prison dont trois mois  de prison ferme, avec interdiction d’entrer en contact avec la victime. « L’interdiction doit valoir autant pour l’un que pour l’autre », a-t-elle rappelé.

Le prévenu a été condamné à six mois de prison avec sursis. Il a notamment reçu l’ordre de ne pas entrer en contact avec la victime. Suffisant pour rompre le magnétisme ?

Pierre Vignaud

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