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Tribunal : un an de prison pour l'homme de 27 ans qui avait blessé avec un couteau deux personnes au cours d'une rixe à Montluçon (Allier)

Lors de l'audience en comparution immédiate du lundi 21 juin, le tribunal judiciaire de Montluçon (Allier) a tenté de comprendre ce qu'il s'était vraiment passé dans le quartier de la Verrerie dans la nuit du 7 au 8 juin 2021.

Au cours de cette nuit agitée, un homme a été blessé par quatre coups de couteau qui lui ont valu cinq jours d'incapacité totale de travail. Un autre a aussi été touché, mais sa blessure superficielle a pu être soignée dans une pharmacie, la victime ne voulait pas attendre aux urgences.

Le prévenu reconnaît avoir blessé une victime, mais pas l'autre

À la barre, Mohammed Hussein reconnaît et regrette d'avoir blessé la première victime, mais dit ne pas avoir touché la seconde. Poursuivi pour violences volontaires, le jeune homme de 27 ans parle de « légitime défense » face à des personnes désireuses d'en découdre. 

On fêtait un anniversaire à Pierre-Leroux. Un pote à moi a voulu aller chez une amie (la sœur de la victime, N.D.LR.). On a sonné et direct la bagarre ! Direct un coup de poing ! Je me suis défendu.

Ce serait à ce moment que l'homme, alcoolisé, aurait sorti son couteau suisse pour se défendre. Quand la présidente s'interroge sur les raisons d'une telle violence, le prévenu parle de racisme.

Au cours de la bagarre, il a lui-même été frappé violemment. Il montre d'ailleurs ses dents cassées au tribunal ainsi que les traces d'ecchymoses sur son visage.

La vengeance comme motivation ?

Le tribunal ainsi que le procureur se questionnent cependant sur ses motivations. Il ressort des auditions que l'homme avait été victime de personnes vivant dans le quartier de la Verrerie et très proches de la victime la plus blessée.

Ils auraient battu, déshabillé et humilié le prévenu, il y a plusieurs semaines, avant de montrer la vidéo de leurs méfaits à plusieurs personnes dont sa petite amie. En situation irrégulière, le jeune Libyen n'avait pas porté plainte à l'époque.

Des victimes très alcoolisées qui ne souviennent de rien

Les enquêteurs ont cependant peiné à restituer les faits de la nuit du 7 au 8 juin. Les deux victimes très fortement alcoolisées disent ne se souvenir de rien. Quant au prévenu, il s'était enfuit à Bourg-en-Bresse par peur de représailles et a été interpellé là-bas.

Une guerre de territoire pour le procureur

Pour le procureur, c'est une guerre de territoire entre bandes rivales qui se cache derrière ce dossier. La victime blessée de quatre coups de couteau, placée en garde à vue le lendemain des faits, est d'ailleurs sous contrôle judiciaire dans le cadre d'un autre dossier. Le procureur estime que les violences étaient bien volontaires.

L'homme étant en situation irrégulière, il écarte une peine avec sursis et suivi judiciaire. Il requiert deux ans d'emprisonnement avec maintien en détention, une interdiction de porter une arme pendant quinze ans et une interdiction de séjourner dans l'Allier de cinq ans.

La défense plaide la relaxe

Maître Sonia Pineau déplore ces réquisitions et souligne qu'il faut juger son client en fonction des faits et non pas de sa situation. Elle plaide la relaxe soulignant la peur qu'il avait dû ressentir lors de cette bagarre violente surtout après les sévices dont il avait été victime quelques semaines avant.

Le tribunal condamne Mohammed Hussein à un an d'emprisonnement avec maintien en détention, interdiction de porter une arme pendant quinze ans et interdiction de séjourner dans l'Allier pendant cinq ans.

Florence Farina

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