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ASM Romagnat : Fabrice Ribeyrolles, l'architecte au grand coeur

« On est arrivé de nulle part il y a 6 ans et aujourd’hui on est champion de France. On leur a parlé d’amour dans notre discours d’avant-match, de l’affection qu’on avait pour elles. C’est un groupe fabuleux. Je suis bluffé par ces filles. » Quelques secondes après cette finale remportée au bout du suspense face à Blagnac, Fabrice Ribeyrolles avait du mal à contenir son émotion. L’entraîneur de l’ASM Romagnat était submergé par des milliers de pensées et de sentiments.

Lorsqu’il est arrivé au club en 2015, il y avait tout à construire. L’équipe était encore en deuxième division. Le technicien arrivait lui de La Rochelle où il était entraîneur en charge des arrières. Débarqué du club maritime, Fabrice Ribeyrolles a accueilli le challenge romagnatois avec curiosité. « C’est Annick Hayraud qui m’avait demandé si le challenge m’intéressait. J’ai appelé mon pote David Courteix (actuel entraîneur de France 7 féminin) et il m’a dit : “Vas y, tu vas te régaler. C’est une bouffée d’oxygène par rapport au rugby masculin”. J’y suis donc allé. Les filles ont mordu dans le travail. Elles ont cru en nous. Et puis nous sommes arrivés à ce résultat après avoir connu de sacrées déroutes. »

Travail, écoute, respect et solidarité

Comme l’explique l’entraîneur, tout ne s’est pas construit en un jour. Il a fallu cravacher et poser les pierres de l’édifice une à une. Mais Fabrice Ribeyrolles ne s’est jamais découragé. Il a insufflé un nouvel élan au club autour de valeurs fondamentales : le travail, l’écoute, le respect et la solidarité. Des mots qui pourraient être placardés dans tous les vestiaires de rugby de France et de Navarre. Mais lorsque l’on voit comment ces filles se sont envoyées dans les dernières minutes de cette finale remportée à Blagnac, on ne peut s’empêcher de penser que ces valeurs ont été la clé de voûte du projet de l’ASM Romagnat. Les quatre piliers sur lesquels ce bouclier repose désormais.

« Il est toujours dans la bienveillance »,

« On demande un gros investissement aux filles, explique l’entraîneur adjoint Vincent Fargeas. Mais elles sont hyper travailleuses. Avec Fabrice, on cherche à progresser chaque saison. On essaie de trouver ce qui nous fera avancer. C’est un homme qui a du cœur et cela va bien avec l’état d’esprit de ces filles. »

Quand le coach parle d’amour et d’affection, il ne ment pas. Cela transpire dans ses discours d’avant et d’après-match. Entre les joueuses et le staff technique s’est développée une réelle relation de confiance. « Elles savent qu’elles peuvent croire toutes mes paroles. Quand je suis arrivé de La Rochelle, elles étaient fières qu’un mec de l’élite masculine vienne entraîner des filles. Mais je suis venu parce que j’aimais ce qu’elles représentaient. Et aujourd’hui, je ne regrette en rien mon choix. J’ai touché le sommet. »

« Quand on voit que certaines d’entre elles ne peuvent pas se payer de nouveaux crampons car elles n’ont pas assez d’argent à la fin du mois, on ne peut qu’être admiratif de ce qu’elles donnent. »

En six ans, le technicien s’est investi corps et âme dans ce projet. Et pas simplement au niveau du terrain. Il a tenu à apporter beaucoup d’humanité pour accompagner au mieux ses joueuses dans la vie de tous les jours. « Humainement, c’est vraiment un super entraîneur. Il est toujours à notre écoute et dans la bienveillance. Même pour des problèmes de la vie de tous les jours », avoue sans mal Emma Coudert.

ASM Romagnat : Ces filles-là… Elles sont terribles !

Comme la demi d’ouverture, ces filles n’ont pas un statut de joueuses professionnelles. Elles viennent à l’entraînement après leurs journées de cours ou de travail. Et Fabrice Ribeyrolles a en effet mis beaucoup de respect et d’écoute. « On veut qu’elles soient épanouies. Et pas simplement que sur le terrain. Car l’un ne va pas sans l’autre. Avec les dirigeants, on les accompagne un maximum pour leur trouver des choses. Quand on voit que certaines d’entre elles ne peuvent pas se payer de nouveaux crampons car elles n’ont pas assez d’argent à la fin du mois, on ne peut qu’être admiratif de ce qu’elles donnent. Ce soir (dimanche), elles ont juste le bonheur d’être championnes de France. J’espère que notre parcours va intéresser de nouveaux partenaires car nous avons besoin d’accompagner encore plus ces filles. »

Retour en images sur le sacre de l'ASM Romagnat

Toute la « patte Ribeyrolles » est résumée dans ces quelques lignes. L’admiration et la confiance réciproques ont insufflé un réel enthousiasme dans ce groupe. Et finalement l’envie de tout renverser. L’ASM Romagnat avait besoin de cela. Fabrice Ribeyrolles aussi, à n’en pas douter. 

 

Arnaud Clergue

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