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Pourquoi le restaurant du Casino de Noirétable (Loire) est-il contraint de fermer ?

« C’est complètement dingue. » Tels sont les premiers mots d’Antoine Herboux, le directeur du Casino de Noirétable. Il doit faire face à une situation surprenante. Si ses sept cuisiniers sont en place, il a, depuis la pandémie et les confinements successifs, perdu quatre serveurs sur sept. Une situation intenable pour ouvrir tous les jours, ce qui l’oblige à fermer le lundi et le mardi. Et ce qui ne règle pas le problème de recrutement…

Des départs au bout de deux ou trois jours d’essai

« Dès la mi-mai, j’ai posé les annonces, explique le directeur. Les deux premières personnes habitaient à 300 km, je pense que c’est Pôle Emploi qui leur a dit de répondre. La troisième, je l’ai embauchée en CDI, elle n’était pas du métier mais nous sommes prêts à former, et au bout de deux jours elle a arrêté. C’était trop dur. De ce fait, depuis la réouverture du 9 juin, je suis toujours avec mes trois serveurs. J’ai essayé les étudiants, pour des jobs d’été. On a trouvé quelqu’un qui a tenu trois jours. Et ceux  dont j’ai d’habitude, qui viennent faire l’été, comme ils n’ont pas vécu une vie normale depuis sept ou huit mois, ils ont signé en usine pour avoir leurs week-ends et leurs soirées, pour vivre un été jeune et festif. »

Alors, pour économiser son équipe et respecter deux jours par semaine, le Casino est obligé de fermer son restaurant le lundi et le mardi. La salle de jeux reste, elle, ouverte.

Le Casino est obligé de refuser des groupes et de modifier ses animations

Les recherches elles, sont visiblement partout, en termes de restauration. Mais qu’est-ce qui pêche ? Les postes au Casino proposent un CDI à 35 heures par semaine, pour 1.600 à 2.000 € bruts pour débuter. « Le problème, c’est la coupure, je veux bien le reconnaître, il faut travailler le midi et le soir avec la coupure l’après-midi, admet Antoine Herboux. Alors quoi faire pour attirer ? Je ne pense pas que la rémunération soit un problème. Pour éviter la coupure, il faudrait doubler les équipes, mais l’équilibre de la restauration en prend un coup. Comment, dans des structures où la marge est à 10 %, doubler les effectifs ? »

La solution, le directeur du Casino ne l’a pas pour le moment. « Je suis allé servir moi-même, mais au bout d’un moment, j’ai aussi autre chose à faire dans l’établissement », admet-il. Et l’avenir ne s’annonce pas meilleur. Antoine Herboux a dû refuser un groupe de 60 personnes pour juillet, car le service ne sera pas assuré sans employés.

« Je veux bien mettre trois serveurs dessus, mais les 80 autres clients quotidiens, on en fait quoi ? Même des serveurs en extra, ça n’existe plus. »

Idem pour l’animation Bingo de l’été, qui apporte entre 150 et 200 repas. Cette année, elle se fera le dimanche après-midi, sans repas.

Et puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le Casino a commandé une large banderole qui trônera devant l’établissement : « Nous recrutons, toute candidature bienvenue. » Le message est clair.Alexandre Chazeau

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