ASM Romagnat : Ces filles-là… Elles sont terribles !
Insubmersibles, inarrêtables, indéboulonnables… Les superlatifs manqueraient pour parler de ces filles de l’ASM Romagnat. Pourtant on aimerait inventer des mots qui n’existent pas dans le dictionnaire pour qualifier cette nouvelle prestation de cette équipe au caractère si fort. Si ce groupe est allé chercher ce titre de champion de France en terres hostiles, il le doit avant tout à ses qualités de travail et d’abnégation. Et sa capacité à se transcender même quand l’adversité se fait encore plus forte et menaçante.
Cette finale face à Blagnac, disputée devant un public acquis à l’équipe de la banlieue toulousaine, ne fut pas une orgie de rugby. Longtemps, elle s’est réduite à un festival de ballons tombés et d’approximations de part et d’autre. Les trombes d’eau qui se sont abattues sur le stade Ernest-Argelès avant la rencontre n’ont pas facilité les conditions de jeu.
C’était de la folie les dix dernières minutes.
Mais qu’importe. Pour remporter cette finale, il fallait être dominatrices dans le combat. Plaquer, se relever et plaquer encore une fois. Ne jamais s’économiser en somme… Et en cela, l’ASM Romagnat a parfaitement réussi sa finale.
Les dix dernières minutes irrespirables résument à elles seules les vertus auvergnates. Alors que Blagnac poussait pour revenir au score, les filles de Fabrice Ribeyrolles n’ont pas lâché un seul centimètre de terrain. A l’image d’une Sara Tounesi au four et au moulin dans les zones d’affrontement. Et lorsque les avants étaient dépassées, les arrières sont venues au renfort à l’image de ce contest d’Elise Pignot qui a donné un grand bol d’air à son équipe (70e). « C’était de la folie les dix dernières minutes, s’exprimait les yeux embués la demi d’ouverture Emma Coudert. On s’est rassemblées plusieurs fois et on s’est dit “on donne tout”. On va aux jambes, on se relève, on circule, on monte. » La jeune joueuse n’a pas ménagé sa peine pour renverser les adversaires se trouvant dans sa zone.
Une dernière pénalité de 40 mètresDes sacrifices qui se sont avérés payants. Si les Blagnacaises sont parvenues à inscrire l’essai de l’espoir à la 73e minute (8-10), elles n’ont jamais pu revenir dans l’en-but auvergnat. Ce sont même les partenaires de Léa Gabriagues qui allaient obtenir la pénalité de la gagne à 40 mètres des poteaux (79e). Là aussi, il a fallu une sacrée dose de caractère à Jessy Trémoulière pour passer cet ultime coup de pied après plusieurs échecs auparavant.Jessy Trémoulière a marqué la pénalité de la gagne à la 79e minute.
« Malheureusement, je loupe 9 points au pied et je me suis dit que sur cette pénalité il n’y avait rien à perdre, tout à gagner. Cela n’était pas la plus facile, mais j’aime bien les défis », expliquait tout naturellement l’arrière de Romagnat après la rencontre.
Comme souvent, cette finale s’est jouée sur des détails. L’ASM Romagnat a su avoir ce supplément d’âme qui lui a permis de laisser passer l’orage plusieurs fois dans le match. Mais ceci est à l’image de la saison de cette équipe. En septembre dernier, Fabrice Ribeyrolles et Vincent Fargeas avaient donné pour objectif une qualification pour les phases finales. Ce groupe ne croyait alors pas trop en son potentiel. Puis elles ont battu Toulouse, Montpellier et finalement Blagnac sur sa pelouse.
Ce matin, les Romagnatoises sont championnes de France. Peut-être que certaines d’entre elles n’osent pas trop y croire encore. Pourtant, personne ne pourra contester que ce bouclier est largement mérité.
A Blagnac, Arnaud Clergue