Covid-19 : la flambée épidémique du variant Delta résumée en trois points
1. Le taux d'incidence explose dans certains départements
Quarante-trois départements ont désormais un taux d'incidence qui dépasse les 50 cas positifs pour 100.000 habitants, soit le seuil d'alerte fixé par les autorités. Lundi 19, il y en avait 37. Le taux d'incidence moyen en France est désormais de 84. « Nous sommes entrés dans une quatrième vague du virus », a lâché lundi 19 juillet le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l'issue du Conseil des ministres.
La situation est surtout préoccupante dans les départements du sud de la France, en bord de mer, où la concentration touristique est la plus importante. Les Pyrénées-Orientales, la Haute-Corse, l'Hérault et les Alpes-Maritimes sont les territoires les plus touchés par la flambée du variant Delta.
L'Outre-mer est très touché également, avec un taux d'incidence qui flambe en Martinique, notamment (un taux de 616, 9 y a été relevé le 17 juillet). Ce département a vu le nombre de contaminations être multiplié par dix en deux semaines.
C'est surtout la vitesse à laquelle augmente ces contaminations qui étonne : entre le 10 et le 17 juillet, le taux d'incidence a bondi de 212 % dans l'Hérault ; de 323 % en Haute-Corse et de 139 % dans les Pyrénées-Orientales.
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2. Des admissions hospitalières qui repartent à la haussePour l'instant, la pression hospitalière reste acceptable. Mais en juillet-août, les services hospitaliers tournent au ralenti, quand certains ne ferment pas carrément leurs portes, afin de permettre aux soignants de partir en vacances. Certains médecins se demandent du coup comment tenir alors que les premières victimes du variant Delta arrivent à l’hôpital.
De fait, les chiffres de Santé publique France montrent que le nombre de nouvelles admissions à l'hôpital est en hausse (+ 33 %) par rapport à la semaine dernière : 327 nouvelles admissions ont été enregistrées mardi 20 juillet, contre 246 le mardi précédent. Il y en avait eu 360 lundi 19 juillet.
Autre signal inquiétant : les admissions en soins critiques (soins intensifs, surveillance continue et réanimation) remontent également depuis le 10 juin. 61 admissions ont ainsi été enregistrées dans les services de soins critiques, ce mardi 20 juillet, contre 76 la veille et 37 mardi 13 juillet (+64 %).
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3. Les jeunes les plus touchésSi le taux d’incidence est en augmentation dans toutes les classes d’âge, cette progression est particulièrement marquée chez les 10-39 ans (+74%) et ce dans toutes les régions françaises. Dans le détail, la tranche d'âge des 20-29 ans est celle où le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmente le plus. Le 16 juillet, Santé publique France relevait pour cette catégorie un taux d'incidence de 229 cas pour 100.000 habitants.
Le taux de vaccination plus faible que pour les autres catégories d'âge explique, en partie, ce phénomène. La multiplication des soirées festives en bord de mer est aussi avancée comme une cause possible de recrudescence de contaminations au sein de la jeunesse. « La période estivale conduit au respect moins rigoureux des mesures barrières, ce qui peut à nouveau provoquer une reprise épidémique tant que l’immunité collective n’est pas acquise », relevait le conseil scientifique dans son avis du 8 juillet dernier.
Pour l'instant, il ne s'agit que d'« une épidémie de jeunes », sans reprise des décès, selon les propos du ministre de la Santé Olivier Véran mardi matin 20 juillet sur RTL. Mais à l'instar de l'été dernier, elle devrait s'étendre à d'autres classes d'âge plus à risque de formes graves, en profitant des lacunes de la vaccination
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Trop de personnes à risque encore non-vaccinées - Au 19 juillet, 69 % de la population majeure avait reçu au moins une injection et 58 % de la population majeure avait un schéma vaccinal complet. Pour gagner sa course contre-la-montre contre le variant Delta, le gouvernement veut accélérer la campagne de vaccination. Le conseil scientifique a recommandé à l'exécutif dans son avis du 8 juillet de viser en priorité « les personnes non vaccinées à risque dont le pourcentage demeure trop important (10 % des plus de 60 ans, 40 % des personnes obèses avec IMC supérieur à 30 quel que soit leur âge), ce qui représente au moins 4 à 5 millions de personnes susceptibles d’être infectées par le variant Delta et d’avoir un impact fort sur le système de soins. Les personnes migrantes et personnes en situation de grande précarité doivent également être la cible de cette priorité vaccinale. »
Nicolas Faucon