Obligatoire depuis le 1er juillet, le « doggy bag » est déjà répandu à Clermont-Ferrand
Les restaurateurs clermontois n’ont pas attendu l’obligation légale du « doggy bag », en vigueur depuis le 1er juillet, pour fournir gratuitement un contenant à leurs clients qui souhaitaient repartir avec les restes de leur repas.
« Je préfère donner la nourriture plutôt que de la jeter », lance sans détours Laure-Anne Brun. Proposer un « doggy bag » est devenu naturel et systématique pour cette serveuse à la pizzeria Pinocchio.
« Chez nous, c’est surtout pour la truffade. Quand on voit que l’assiette n’est pas terminée, on propose aux clients et ils acceptent avec plaisir »
Au-delà d’un service apprécié par la clientèle, la démarche est surtout un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire. Selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées chaque année en France, soit l’équivalent de 150 kg par habitant et par an.
Photo d'illustration Renaud Baldassin Dans les ordures ménagères et assimilées, on trouverait l’équivalent de 20 kg par habitant et par an de déchets alimentaires, dont 7 kg de produits encore emballés. Un gâchis environnemental, économique mais surtout éthique d’autant plus inacceptable dans le contexte social actuel où, en France, on estime qu’une personne sur dix a du mal à se nourrir.
Une démarche citoyenne« La réduction des déchets est une démarche engagée qui, pour nous tous individuellement, doit tomber sous le sens aujourd’hui. Jeter de la marchandise dans une poubelle devrait être interdit. Quand on ne peut pas éviter d’en produire, il faut valoriser au maximum nos déchets par le tri, le compostage, la méthanisation et les doggy bags », martèle Grégory Faverdin, gérant du bar-restaurant Le Loft et vice-président chargé de la restauration à l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie dans le Puy-de-Dôme (Umih 63).
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Quant au coût supplémentaire des emballages, il reste acceptable selon Grégory Faverdin qui pointe : « Depuis la crise sanitaire et le développement de la vente à emporter, les fournisseurs proposent une large gamme de contenants de différentes tailles en matières réutilisables ou recyclables ».
Des réserves sur certains produitsReste que tous les plats ne se prêtent pas forcément au « doggy bag » selon Romain Billard, gérant du Smorrebrod. Effectivement, on réchauffe plus facilement une part de pizza qu’une viande rouge et on conserve mieux un gratin ou un moelleux au chocolat qu’un poisson mi-cuit ou un sorbet maison…
Photo d'illustration Thierry Lindauer S’il comprend que « c’est légitime de vouloir consommer la totalité du repas qu’on a payé », le gérant de cet établissement distingué d’un bib gourmand note que « peu de clients partent sans avoir fini car tout est dressé à l’assiette avec des quantités adaptées ».
Smørrebrød, nouveau Bib Gourmand clermontois
Et s’il arrive parfois à Romain Billard d’emballer les restes d’un repas, à la demande d’un client ou pour un départ précipité, pas question de les vider dans une barquette en alu. « On redresse une assiette complète dans un des emballages qu’on utilisait pour la vente à emporter pendant le confinement. On respecte les produits, les clients et les fournisseurs. Sinon, autant le donner aux chiens et ça porte bien son nom », lance-t-il. En parallèle au « doggy bag », cette réflexion sur les quantités justes est une autre façon de lutter contre le gaspillage alimentaire.
Maud Turcan