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En mars 2012, son fils était tué dans l'Allier : « La justice a été rendue, mais je ne pardonne pas »

Dix ans d’attente. Et désormais, le « soulagement que tout soit terminé ». Même si « la haine, elle, restera ». « Ce n’est pas pardonnable ce qu’ils ont fait. Certains disent “je pardonne mais je n’oublie pas”. Et bien moi, même si la justice a été rendue, je ne pardonne pas et je n’oublie pas », lance Patrice Métivet. Car la douleur ne disparaîtra pas, ni pour lui, ni pour l’ensemble de sa famille.

Condamnés pour meurtre

Le Montluçonnais a perdu son fils Anthony. Le jeune homme de 22 ans a été tué en mars 2012. Passé à tabac puis abandonné dans un fossé le long d’une route départementale d’Arpheuilles-Saint-Priest, avant de décéder quelques jours plus tard à l’hôpital. Au terme de l’instruction, la thèse du meurtre sur fond de trafic de stupéfiants a été retenue.

Pour ce crime, deux hommes de 31 et 27 ans ont été jugés par la cour d’assises des mineurs de l’Allier, les 9 et 10 juin derniers. Les deux accusés, partis depuis plusieurs années en Turquie, n’étaient pas présents. Ce qui ne les a pas empêchés d’être, au terme de deux jours de procès, condamnés. L’un à trente ans de réclusion criminelle, l’autre, mineur au moment des faits, à quinze ans.

« Ces peines, pour moi, sont correctes. Ils ont eu le maximum possible. Avec les deux sœurs d’Anthony, nous avions peur qu’ils prennent très peu, voire qu’ils ne soient pas condamnés du tout. »

« Je suis donc content, même s’ils ne sont pas en prison et qu’on ne les retrouvera peut-être jamais », explique Patrice Métivet.

Des questions encore sans réponses

Mais, à cause de cette absence, la famille n’a pas pu avoir de réponse à la question qui l’obsède depuis dix ans. « Pourquoi ont-ils fait ça?? Pour, peut-être, une dette de 1.000 euros?? On sait qu’ils recherchaient Anthony à plusieurs. Il se cachait. Ils sont allés à plusieurs endroits et ils l’ont finalement trouvé chez mes parents, en Creuse. Je devais le récupérer le lendemain. Je venais de lui trouver un travail pour qu’il sorte de tout ça… » Cependant, Patrice Métivet n’a pas eu le temps de récupérer son fils.

« Lorsque j’ai vu Anthony à l’hôpital le lendemain des faits, le médecin m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça. L’avocat général a même dit : “On ne va pas parler de meurtre, mais de massacre”. »

Laura Morel

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