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Une soirée pour obverser les chauves-souris en forêt

L'animation “Chauves-souris et forêts : une relation intime” organisée à Maisonnisses par la toute jeune association Nos bois pour demain, a réuni une soixantaine de personnes à la salle communale. Une bonne partie d'entre elles se sont rendues ensuite près de l'église pour repérer les chauves-souris grâce à un détecteur d'ultra-sons.

Il faut dire que l'intervenant, Michel Barataud, est un naturaliste, spécialiste de ces petits mammifères et reconnu même hors de nos frontières.

Son exposé, très technique, visait à mettre en évidence la relation intime qui existe entre les forêts et le monde des chauves-souris. Il est vrai que si l'on a coutume à les voir voleter autour des habitations et de les observer, hibernant sous la voûte de nos caves anciennes, on n’imagine guère que la plupart des espèces sont plus ou moins liées aux espaces forestiers.

Après avoir mis au point une méthode d'écoute aujourd'hui largement diffusée dans toute l'Europe, Michel Barataud conduit une étude qui, avec le GMHL (*), concerne notre région. Elle porte sur les territoires de chasse des chauves-souris, prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire. Elles attestent de la présence d'une diversité d'insectes, nourriture de ces mammifères et donc de la biodiversité de tout l'écosystème et dépendent donc de la richesse des forêts.

Celle-ci se traduit notamment dans des mélanges d'essences (feuillus - résineux) mais aussi par la composition des différents niveaux de végétation du sol à la cime des arbres. Ainsi, les futaies irrégulières mélangées et qui comportent des arbres ayant atteint leur maturité accueillent en nombre nos chiroptères. On pense évidemment aux essences composant depuis longtemps les forêts limousines (chêne, hêtre...). Mais, plus surprenant, l'étude révèle que le douglas ou le chêne rouge d’Amérique prisés par les gestionnaires forestiers ne sont pas hostiles à la présence de chauves-souris.

A l'heure où les coupes rases se multiplient, condamnant pour des années la composition des sols et le maintien de nombreuses espèces indispensables au bon équilibre de la nature, l'intervention d'un scientifique renommé comme Michel Barataud se révèle riche d'enseignement. 

(*) Groupement Mammalogique et Herpétologique du Limousin.

Obervation. 26 espèces de chiroptères en Limousin, parmi les 44 présentes en Europe. 17 ont été mises en évidence dans les environs de Maisonnisses dont la grande noctule, plutôt rare (jusqu'à 60 cm d'envergure en vol !). 2 espèces, une de pipistrelle et une autre de sérotine ont été détectées lors de la sortie dans le bourg

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