La jonction entre lieu et violence
Résidant à Vilnius (Lituanie), Eglé Razumaité étudie la philosophie avant de se tourner vers la réalisation de films. Dans un pays fortement marqué par l’influence russe et soviétique, elle s’intéresse à travers des œuvres essentiellement audiovisuelles ou photographiques aux thèmes de la nationalité, de l’attachement à une terre ou un espace spécifique.
Analyse des possibilités de ransformation de la vie quotidienneElle se penche aussi sur les thèmes de la dialectique de l’inclusion et de l’exclusion des centres de pouvoir ainsi que des groupes sociaux et de la nature violente des êtres humains.
Son travail lui vaut de remporter, dans son pays, un prix dont la récompense est une résidence au sein de l’association Vidéoformes. Elle y poursuit son travail d’analyse des possibilités de transformation de la vie quotidienne en observant notamment la production de nouveaux espaces et le développement de mouvements tactiques.
Eglé Razumaité examine la jonction entre le « lieu » et la violence. Le territoire est organisé par les stratégies d’une culture dominante plus puissante, qui nous force physiquement à nous déplacer dans des directions qui ne sont pas toujours acceptables pour nous. De la même façon, nos corps sont toujours régis par des processus biochimiques plus puissants.
En établissant des parallèles territoriaux avec le corps, en particulier le corps des femmes, l’artiste interprète ce dernier comme des lieux possibles pour des champs de bataille politique, comme des territoires, qui appartiennent toujours à l’autre.
L’autre fait ici référence à une unité abstraite qui ne peut pas être contrôlée et inconnu de la femme elle-même. Dans ce contexte, Eglé Razumaité considère les différents processus biochimiques comme une force naturelle violente.