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La collecte des cadavres d'animaux sème la discorde dans le Cantal

Il est désabusé par « la campagne de dénigrement » menée à son encontre par les dirigeants de la Sopa, une société chargée de l’enlèvement des animaux trouvés morts (ATM) dans les exploitations et basée à Cros-de-Montvert. « Jean-Pierre Chateau, le président de la Sopa, fait courir dans tout le Cantal, l’Aveyron et la Corrèze que les quarante emplois de cette société sont menacés depuis la perte du marché des ATM sur ces trois départements », déplore Frédéric Varjabedian, directeur général de SecAnim sud-est (*), un autre acteur de ce secteur qui a remporté en début d’année le marché de la collecte d’équarrissage jusqu’alors détenu par la Sopa. Malgré la perte de ce marché, la Sopa, qui a bénéficié publiquement des soutiens de la chambre d’agriculture et du Conseil départemental, poursuit les collectes de cadavres.

« Elle agit en toute illégalité. Elle opère sur la zone alors qu’elle n’est plus titulaire du marché. Et plus grave, Jean-Pierre Chateau fait une obstruction quasi permanente à toutes nos tentatives de rapprochement sur ces six derniers mois. »

Face à cette impasse, SecAnim a demandé la nomination d’un médiateur ou d’un administrateur provisoire auprès du tribunal de commerce d’Aurillac. « Toutes les tentatives de dialogue ont échoué. On n’arrive pas à se parler mais ces deux entités doivent collaborer, nous sommes des partenaires de longue date avec la Sopa. Il est hors de question pour nous de se passer de l’expérience et du service de collecte de qualité offerts aux éleveurs par la Sopa. Il existe aujourd’hui un vrai différent avec Jean-Pierre Chateau, on veut le surmonter. Il est arc-bouté sur ses positions, on ne le comprend pas, c’est pour cette raison qu’on demande un médiateur. On veut maintenir ce dialogue mais il faut trouver d’autres voix », explique Frédéric Varjabedian.

Le directeur général de SecAnim sud-est souhaite poursuivre les liens avec la société cantalienne :

On veut sous-traiter cette activité de collecte à notre partenaire historique comme nous l’avons déjà fait par le passé. Et même redonner à la Sopa une collecte des cadavres d’animaux plus complète, en étendant ce périmètre sur le département du Lot que nous avons gagné également dans l’appel d’offres.

Frédéric Varjabedian veut aujourd'hui faire passer ce message aux collaborateurs de la Sopa qui « ont un seul son de cloche, en provenance de Jean-Pierre Chateau. Ils doivent connaître la réalité de cette situation qui n’est plus tenable. Notre volonté est claire. Nous sommes une entreprise ancrée dans les territoires, on ne va pas faire appel à des conducteurs qui viennent du bout du monde pour collecter les animaux morts, contrairement à ce qui est véhiculé ».

Des actions en justice

Une autre action en justice s’organise contre le président de la Sopa. « Pour abus de bien social car il utilise la Sopa contre un de ses actionnaires, ce qui peut être qualifié d’abus. On a découvert des choses un peu compliquées, annonce Frédéric Varjabedian. Nous avons aussi une action contre le président de la chambre d’agriculture pour les mêmes motifs. Une campagne de dénigrement est menée publiquement contre nous depuis des mois. On ne veut pas laisser s’installer le flou. Il faut se parler, établir des contrats de sous-traitance pour sortir de l’illégalité. Nous n’avons aucun contrôle sur les bonnes pratiques ou pas des collectes de cadavres réalisées par la Sopa à notre place. »  Contacté mercredi, le président Jean-Pierre Chateau n’a pas souhaité « réagir pour éviter toute polémique ».  (*) SecAnim est une filiale de Saria qui détient également 50 % de la Sopa.

Pierre Raynaud

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