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Pics épidémiques, mesures de contrôle... Ce que prévoit le Conseil scientifique pour l'automne 2022  

Le 31 juillet, le Conseil scientifique tirera sa révérence. À cette date, la France en aura alors fini, officiellement, avec l’état d’urgence sanitaire, tandis que la septième vague épidémique semble décroitre et que l’exécutif répète qu’il faut apprendre à « vivre avec » le virus.

L’ultime avis du Conseil scientifique, d'une cinquantaine de pages, a été présenté ce jeudi 21 juillet. « Ce n'est pas un testament, ce n'est pas le genre de la maison, on veut rester opérationnel et prospectif sur ce qui peut se passer à l'automne », a indiqué Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique.

Bientôt un « comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires »  - Après fin juillet, un « comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires », au-delà de la seule pandémie de Covid, doit prendre le relais du Conseil scientifique. Le gouvernement doit encore formaliser la création, a priori par décret.

Premier message passé : « Ce virus ne va pas disparaître, en aucun cas », martèle Bruno Lina, virologue, même si le pic de la vague BA.4/BA.5 est « en passe d'être atteint en France » (NDLR, depuis début juillet, le taux de positivité des tests décroit en Ile-de-France, la même évolution est observée avec un léger décalage dans le reste de la France).

Forte hausse des cas de réinfections au Covid-19

Circulation à des niveaux élevés au cours des prochaines années

Selon les experts, la circulation du virus « pourrait, au cours des prochaines années, rester à des niveaux élevés. Elle pourra s'accompagner de poussées épidémiques associées à l’émergence de nouveaux variants, plus accentuées en période automno-hivernale où l’effet saisonnier facilite la circulation du virus. »

« On est à un moment d'incertitude sur le virus qui va circuler à l'automne », reconnait Bruno Lina. Le Conseil espère néanmoins que le renforcement progressif de l'immunité de la population suite aux campagnes de vaccination protège de plus en plus des formes graves. « Le scénario plausible est celui d'une circulation du SARS-CoV-2 avec pour l'essentiel des formes mineures de la maladie, et parfois des formes sévères chez les personnes les plus fragiles, et les personnes immunodéprimées », prédisent les scientifiques.

Nouveaux cas quotidiens confirmés de COVID-19 en FranceMoyenne glissante sur 7 jours (au 21 juillet, on prélève, en moyenne, 94.822 cas positifs au Covid-19 chaque jour en France, en baisse (- 27 %) par rapport à la semaine dernière)

Trois scénarios

Dans le détail, à courte échéance, le Conseil élabore trois scénarios. Le premier ?  Une « succession de vagues épidémiques liées à l’émergence de sous-variants d’Omicron, avec un retentissement hospitalier moins important comparé à celui des vagues du début de la pandémie. » Le deuxième prévoit une « reprise saisonnière de la circulation d'un variant existant ou d’un variant proche d’un variant existant. Cette reprise épidémique à l'automne ou à l'hiver est attendue du fait de la baisse de l'immunité populationnelle avec le temps et de la plus grande transmissibilité des coronavirus en saison froide. » Le dernier scénario table sur « l’émergence d'un variant X doté d'une capacité d'échappement immunitaire et d'une contagiosité suffisante pour être responsable d'une nouvelle vague épidémique (...) Ce scénario a un niveau de probabilité relativement élevé. »

Des mesures de contrôle lorsque l’incidence sera élevée

« Parce qu'on devra vivre un certain nombre d'années avec le virus », dixit l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, des mesures devront être mises en place pour juguler les vagues. Le Conseil scientifique préconise le retour de mesures de contrôle, du type obligation du port du masque dans « certains lieux de vie essentiels » lorsque l’incidence sera élevée et avant que les hôpitaux ne soient en difficulté ». Pour Arnaud Fontanet, il est important qu'il y ait « un débat sociétal sur ces questions de mesures de contrôle, car il est utile de savoir ce que la société souhaite. »

Une quatrième dose sans attendre

Répétant que la couverture vaccinale avait permis une bonne protection contre les formes sévères et graves de la maladie, le Conseil a insisté sur l'importance de la vaccination « des plus âgés et des plus fragiles avec une 4e dose. Il ne faut pas attendre les nouveaux vaccins », a insisté Jean-François Delfraissy. Et Bruno Lina d'appuyer : « Si l'on parvient à faire une campagne de vaccination précoce et bien ciblée qui aurait un impact sur le niveau de transmission, ces éléments pourraient avoir un impact sur la réduction de la taille de l'épidémie. On n'empêchera pas une épidémie, mais on peut prévenir un impact difficile à gérer pour le système hospitalier, car on en sera à la huitième vague. »

Mardi 19 juillet, l'OMS Europe a mis en garde sur un automne et un hiver « difficiles » dans le Vieux Continent. Près de 3.000 personnes meurent encore du Covid-19 en Europe chaque semaine, a précisé l'instance. 

Réintégration des soignants non vaccinés : le Conseil scientifique réservé. - Les experts se disent « réservés » sur la réintégration des soignants non vaccinés, qui représentent aujourd'hui un millier de personnes. « Être soignant implique des responsabilités... Il y aurait aussi des difficultés dans le message à réintégrer des soignants non-vaccinés si un nouveau variant arrive et nécessite une nouvelle vaccination », a commenté Jean-François Delfraissy. 

Nicolas Faucon

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