World News

Des médecins libéraux en grève à compter du 26 décembre : « Si on en arrive là, c’est que ça va très mal »

Elle ne sait pas si, aujourd’hui, elle poserait sa plaque comme elle l’a fait voilà six ans, tant son métier s’est dégradé : « charges de cabinet qui ont explosé », tarif de l’acte « bloqué depuis 7 ans », « nombre croissant de patients à voir dans un temps imparti », taux de suicides important, épuisement professionnel… « Ça ne donne pas envie… Et pourtant j’adore mon boulot ! ».

Un collectif qui a grandi sur Facebook

Gabrielle Gallet Voisin, médecin libérale dans le Loir-et-Cher, fait partie du collectif « Médecins pour demain », à l’origine de la fermeture des cabinets libéraux les 1er et 2 décembre derniers. Et, faute de « réponses correctes en face » depuis, d’un appel à une grève d’une semaine reconductible, à compter du 26 décembre. Une seconde vague du mouvement qui serait suivie par plus de 60 % du collectif en région Centre, selon la médecin. « Quatre syndicats au minimum nous soutiennent : UFML, FMF, SML et Jeunes médecins». Le collectif, qui se dit « apolitique » et « asyndical » et a mûri sur Facebook, compte aujourd’hui plus de 15.000 membres.

Demande de revalorisation

Et d’expliquer leur démarche :

« Les médecins de ce collectif ne se retrouvent plus aujourd’hui dans leur manière d’exercer leur profession et veulent redonner une impulsion à la médecine libérale ».

S’ils demandent une revalorisation à 50 euros des tarifs de l’acte – , afin notamment de pouvoir déléguer les tâches administratives, la médecin précise qu’il ne s’agit pas d’un « doublement des revenus ». Elle évoque aussi une simplification et une « transparence » nécessaires permettant une meilleure prise en charge des patients.

« Personne ne ferme de gaieté de cœur »

Et une meilleure attractivité du métier. On estime, dit-elle, à 40 % les médecins qui ne poseront jamais leur plaque de généralistes. « Il faut leur donner envie de s’installer et à ceux qui sont en place de ne pas déplaquer », résume Gabrielle Gallet Voisin. Ou de ne pas se déconventionner. Ce qui aboutirait, alerte la médecin, à « rentrer à deux pieds dans une médecine à deux vitesses. D’où notre demande de revalorisation de l’acte, qui serait remboursée pour le patient ». Le collectif avance aussi des propositions pour améliorer l’accès aux soins et l’installation des médecins.Quid des appels à la « responsabilité » lancés par le ministre François Braun en cette période de vacances compliquée ? « On remplit tous les jours toutes nos responsabilités. Cette grève est annoncée depuis un mois et demi. Ils sont au courant. Je ne sais pas s’ils nous ont pris au sérieux. Si on en arrive là, c’est que ça va très mal. Personne ne ferme de gaieté de cœur »

Florence Chédotal

Follow @FlorChedotal

Читайте на сайте