Cyrano sentait bon le chef-d’œuvre
Mérinchal
Cyrano sentait bon le chef-d’œuvre
Le texte d’Edmond Rostand s’est un peu fait Hara-Kiri dans ses grandes lignes poétiques pour servir la bonne cause d’un spectacle subtilement distillé dans la créativité au théâtre Hélios. L’histoire passe sans encombre la frontière d’un Japon très à cheval sur les traditions amoureuses et guerrières.
Trois comédiennes, époustouflantes de vie, racontent puis interprètent les scènes. La gestuelle, harmonieusement saccadée, accompagne les déplacements qui virevoltent sur pas de danse. Les mots, qui s’enchaînent et se déchaînent dans la drôlerie et l’humour, n’y vont pas de main morte. Ils ne plongent vers le romantisme qu’à coups de katana enveloppés d’un décor noyé d’ambiance feutrée. Tout s’enclenche avec harmonie grâce à une interprétation judicieusement mise en scène pour alterner les moments forts avec d’autres moments forts.
Décidément chez Cyrano, même en kimono, il n’y a rien à jeter. Tout est magnifique !