"Une dame en nuisette qui court après un wallaby" : récit d'une matinée insolite à Saran
Ça commence comme une matinée ordinaire. Une monitrice d'auto-école et son élève circulent dans le secteur de Saran, peu après 8 heures, ce 21 juin. Quand soudain, ils tombent nez à nez avec un wallaby ! "Se seraient-ils téléportés en Australie ?", s'amusent-ils. Ils peinent à en croire leurs yeux. Julie, la monitrice, raconte : "On s'est arrêtés pour le laisser passer." Elle ne manque pas de le photographier au passage. Puis, elle remarque "une dame en nuisette qui lui court après".
Cette dame, c'est la propriétaire de l'animal à qui une personne a visiblement rendu visite, laissant malencontreusement le portail ouvert. Le petit marsupial en a profité pour se sauver.
Les pompiers en renfortLe brigadier-chef principal de la police municipale de Saran, chef Halliez, revient, lui aussi, sur sa matinée peu ordinaire : "J'étais en train de patrouiller quand un automobiliste m'a interpellé en me disant qu'il venait de croiser un kangourou, avec sa propriétaire qui courait derrière." Les faits se déroulent entre la rue des Jonquilles et l'Ancienne route de Chartres.
Commence alors une traque d'une trentaine de minutes, selon le policier. Jusqu'à ce que l'animal se réfugie sur le site BNP Paribas de Saran. "Le terrain fait au moins un hectare ! Il nous a alors fallu appeler les pompiers en renfort."
Au moyen d'un filetPhotos fournies par le Codis.
Le chef de salle du Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis) explique : "Nous avons envoyé notre équipe animalière, qui travaille en collaboration avec des vétérinaires. L'animal a été capturé tranquillement, au moyen d'un filet, placé dans une caisse de transport, puis rendu à sa propriétaire."
La dame possèderait trois marsupiaux de ce type et détient bien les habilitations nécessaires pour cela, selon les premiers éléments recueillis par la police.
Que dit la loi ? Oui, posséder un wallaby, en France, est légal. Mais il est nécessaire d'obtenir préalablement une autorisation obligatoire auprès de la préfecture et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Ils délivrent cette autorisation après constitution d'un dossier et visite des installations. Les wallabies doivent obligatoirement être pucés. Le nombre maximal de wallabies que peut détenir un particulier est de six ; au-delà de ce nombre, on passe dans la catégorie d'élevage professionnel pour lequel il faut un certificat de capacité. Le saviez-vous ? La différence entre les kangourous et les wallabies est la même qu'entre les chevaux et les poneys. Zoologiquement parlant, les animaux sont identiques. Seule la taille les différencie ; le wallaby est plus petit.
Blandine Lamorisse