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Création d'un pôle d'excellence autour de la microbiologie dans le Cantal : ça va changer quoi ?

Le Cantal veut devenir un grand dans l’infiniment petit. Département historiquement producteur de lait et de ses dérivés transformés, le territoire concentre aujourd’hui de nombreuses entreprises et expertises dans la recherche, le développement et la commercialisation de solutions, dont la microbiologie industrielle est la base.Il y a notamment Biose (leader mondial de la fabrication de substances microbiotiques pour la santé humaine), Agrolab’s (microbiologie laitière et alimentaire), Greencell (spécialisée dans les flores d’affinage et d’aromatisation), Lallemand (production de levures, bactéries et ingrédients dérivés, utilisés dans les domaines de la boulangerie, de l’œnologie, de la nutrition humaine et animale, de la pharmacie et de la production fromagère), ou encore Interlab (l’un des leaders mondiaux du matériel destiné aux analyses microbiologiques). Un savoir-faire que ces différents acteurs, impliqués dans ce projet, souhaitent valoriser collectivement au sein d’un pôle d’excellence microbiologie industrie et innovation (PEM2i).

Dans les domaines de la santé, de l'agroalimentaire et de l'agronomie

Après plus de six mois de travail dans l’ombre, Laurent Buchaillat, préfet du Cantal, a accueilli, ce mardi 20 juin, l’ensemble des vingt partenaires pour signer une charte d’engagement, première étape symbolique dans la constitution du pôle d’excellence, "qui s’inscrit dans la dynamique nationale de construire une souveraineté et une transition dans les domaines de l’agroalimentaire, de la santé et de l’agronomie", assure le représentant de l’État.Ce pôle d'excellence est porté par l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et composé d’acteurs de l’enseignement supérieur, économiques et institutionnel.

"Ce pôle va contribuer activement, par la formation, la recherche et l’innovation, au développement économique et au rayonnement du Cantal, bien au-delà des frontières du département, pour devenir, à terme, un pôle de référence au niveau national, voire mondial".

Près de 5 millions d'euros fléchés pour le fonctionnement

Le secteur de la formation sera l’une des pierres angulaires, en accueillant de nombreux stagiaires pour suivre l’ensemble des formations proposées dans ce cadre. À l’image de l’ouverture d’un parcours Master 2 microbiologie appliquée et fermentation en alternance au sein de l’université Clermont Auvergne, et d’un BTS analyses agricoles biologiques et biotechnologiques au lycée Georges-Pompidou, "respectivement prévus pour 2024 et 2025", annonce le directeur Éric Cazassus.

Pour les entreprises concernées, "ce pôle d’excellence est une formidable opportunité de créer une synergie entre les entreprises, qui ont la même ambition de rayonnement et d’innovation, avec un ancrage fort dans le Cantal, et de répondre aux enjeux de recrutement".Du côté des partenaires institutionnels, qui soutiennent financièrement ce projet, "au cœur des enjeux actuels, il représente un atout porteur d’avenir pour notre département".Pour fonctionner, ce pôle d’excellence va notamment bénéficier de 3 millions d’euros pour la construction d’un bâtiment, et de 2,27 millions d’euros pour l’achat de mobilier et d’équipement, au titre du contrat de plan État-Région. 

Les membres fondateurs du pôle d'excellence microbilogie industrie et innovation : onze entreprises et associations (Agrolab’s, Altitude, Biose, Les Fromageries occitanes, Greencell, Interlab, Lallemand, Landestini, LIP, pôle fromager, Terana), quatre organismes de recherche et formation (INRAE, université Clermont Auvergne, lycée agricole Georges-Pompidou Aurillac et VetAgro sup) et cinq partenaires institutionnels (État, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Conseil départemental, Communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac et chambre de commerce et d’industrie).

Emmanuel Tremet

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