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Une conférence pour remonter le fil de l'histoire de la vigne dans l'Allier

Dans le cadre du festival Cep by Cep, l’archéologue Sophie Liégard donnera, samedi 24 juin à Saint-Pourçain-sur-Sioule, une conférence sur Le vin de l’Antiquité au Moyen Âge, des importations aux productions locales. Elle présentera l'état des connaissances sur la Limagne et le centre de l'Allier.   

Le vignoble saint-pourcinois est renommé depuis la fin du Moyen Âge. Mais des découvertes archéologiques récentes prouvent que l’origine de la production viticole est plus ancienne. L'archéologue Sophie Liégard donnera des exemples de fouilles auxquelles elle a participé, à Romagnat dans le Puy-de-Dôme, et dans l'Allier, au cours des vingt dernières années. "A Romagnat, on a fouillé en 1992 une riche villa gallo-romaine, avec un bâtiment qui servait soit une production viticole, soit pour une production oléicole, et possiblement pour les deux. Les résultats de ces fouilles n'ont pas encore été largement diffusés". 

Vestiges d'époque carolingienne et mérovingienne

Ainsi, à Chareil-Cintrat, "des graines de céréales brûlées, dont des graines de raisin, découvertes piégées dans le sol en terre, au cœur d’une église mérovingienne, des 6e ou 7e siècles de notre ère, attestent de la présence de vignes à proximité, ce qui n'a rien d'étonnant. ". La vallée, avec ses coteaux calcaires, bien exposés au soleil, et avec de l'eau pas loin, se prête bien à la culture de la vigne. On a fait ces découvertes sur le site même du conservatoire des anciens cépages de Saint-Pourçain".  

A Souvigny, lors des fouilles qu'elle a dirigées de 2009 à 2012, des pollens et graines de raisin, et donc de vignes, à l'époque carolingienne ont été mis au jour. "On a longtemps pensé que ce sont les moines qui avaient développé la viticulture, mais non, la vigne était bien là avant eux. On a la preuve d'une production viticole aux 8e et 9e siècles. On peut supposer qu'il s'est passé la même chose à Saint-Pourçain, et que la viticulture s'était développé dès les premiers siècles de notre ère, même si on n'en a pas la preuve matérielle". 

 

L'amphore présentée au Musée de la vigne, photo de l'archéologue Sophie Liégard Et si on remontait encore plus le temps ? Avant que le vin ne soit produit localement, à une période qu'on ne sait pas encore précisément dater, les Gaulois appréciaient cette boisson importée d’Italie. Les amphores servaient à transporter le précieux breuvage. "Le transport par bateau jusqu'à la Gaule coûtait très cher, seuls les plus riches Gaulois pouvaient s'offrir ce précieux breuvage", précise l'archéologue. L'amphore trouvée à Châtel-de-Neuvre, dans les années 1950, très bien conservée, achetée par le musée de Saint-Pourçain, prouve que cette boisson est consommée localement depuis 2.000 ans.

L'archéologue bourbonnaise Sophie Liégard poursuit par ailleurs, entre autres, son travail d'analyse post fouilles sur Saint-Menoux. Ces fouilles, menées en 2019, visent à mieux connaître l'histoire de l'Abbaye.  

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Pratique. Samedi 24 juin à 16 h 15, salle du cinéma-théâtre. La conférence sera suivie d’une visite du Musée de La Vigne par Didier Cleret, dégustation offerte en fin de visite. Gratuit. 

Ariane Bouhours

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