Des revendications toujours d'actualité pour les salariés de Keolis dans le Puy-de-Dôme
Le dialogue semble reprendre entre les salariés de Keolis et la direction de la société de transports basée à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Lundi 19 juin, les conducteurs ont décidé de suspendre leur mouvement après quatre semaines de grève pour la sauvegarde de leurs acquis sociaux. Depuis le 22 mai, ils pointaient les conséquences de la fusion entre Keolis Pays des volcans et Keolis Loisirs et voyages qui entraîne, selon eux, "un alignement par le bas" de leurs conditions de travail et de rémunérations.
Pas d'engagement de la directionSi la CFDT salue la reprise du dialogue avec la direction par intérim, elle n’emploie pas encore le terme de négociations. "À ce jour, [nous n’avons] aucun engagement de la direction sur la garantie des acquis sociaux des salariés transférés, aucune amélioration sur nos conditions de travail, aucune régularisation sur l’application du taux horaire conventionnel", déplore Trinidade Rodrigues, conductrice et déléguée syndicale CFDT.
Un impact sur le transport scolairePeu rassurant pour les clients de Keolis (SMTC, T2C, Région..) qui avaient vu leurs services affectés par ce mouvement social. "Depuis le 22 mai, les collégiens de Moissat n'ont eu que très rarement un bus. Chaque soir, il fallait consulter un tableau pour savoir si le conducteur serait en grève ou non. L'information n'était pas fiable et les enfants sont restés plusieurs fois sur le bord de la route", détaille la maman d'une élève de 4e en repensant aux quatre semaines chaotiques qui viennent de s'écouler.
"Je déplore vivement l’impact très préjudiciable de cette grève pour les usagers et les familles concernées"
À la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a délégué le transport scolaire à Keolis, la situation est suivie de près par Paul Vidal, conseiller délégué aux transports scolaires et interurbains. "Je déplore vivement l’impact très préjudiciable de cette grève pour les usagers et les familles concernées. J'ai demandé à cette entreprise de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires au retour à la normale. Cette société doit respecter ses engagements et devra nous verser des pénalités calculées en fonction des services qui n’ont pas été assurés. De son côté, la Région mettra en place un système de remboursement pour les familles qui ont été pénalisées", a assuré l’élu.
Avec la rentrée de septembre en ligne de mireAlors qu'une nouvelle réunion entre les représentants des salariés et la direction doit avoir lieu ce vendredi 23 juin, la CFDT prévient : "Le préavis de grève en cours continue de produire effet, cette suspension n'étant pas l'arrêt du conflit, mais la possibilité de mieux revenir dès la rentrée scolaire, cette période étant plus propice à l'ouverture de véritables négociations."
Maud Turcan