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Une réunion de la Ville de Guéret sur la future piscine de l'Agglo... sans l'Agglo

Un coup d’épée dans l’eau, la réunion de la Ville sur le projet de l’Agglo ?

Sur fond de bisbille générale entre les deux exécutifs, et alors que l’opinion oscille entre agacement et consternation sur l’incroyable manque de piscine dans la principale ville de Creuse, la municipalité avait décidé de réunir sa population sur le sujet du centre aqualudique intercommunal envisagé, au plus tôt, pour 2027. D’abord pour l’écouter, ensuite pour lui exposer son propre point de vue.

Alors que le conseil communautaire doit se prononcer la semaine prochaine sur l’emplacement (Courtille / centre-ville) et le type d’équipement (avec ou sans bassin extérieur…), l’équipe de Marie-Françoise Fournier répète son attachement au site historique, sur la plaine des jeux en centre-ville. Mais difficile de ne pas sentir de la fébrilité de ce côté-ci. Tout comme dans les interventions des citoyens. Tout se passe comme si on n’y croyait pas ou plus.

Qui est légitime à trancher ?

Le premier adjoint Guillaume Viennois a beau expliquer que rien n’est plié et rappeler le fonctionnement des délégués communautaires. La meilleure opposante Sylvie Bourdier a beau apporter son soutien en annonçant qu’elle votera aussi en faveur du centre-ville (pour des raisons scolaires et de patrimoine). Thierry Delaître a beau assurer qu’il retoquerait ses étudiants s’ils lui présentaient un dossier aussi mal ficelé que celui du cabinet d’étude... Madame le Maire insiste bien trop sur l’idée qu’il faut écouter les Guérétois. Et donc qu’ils ne le seraient pas.

Ainsi : « La décision sera celle de l’Agglo mais nous pesons 45 % de sa population… J’ai envie de dire 45 % de ses ressources, ce qui me conduit à penser que les Guérétois ont leur mot à dire. » Puis plus loin : « On a porté la piscine seuls pendant cinquante ans, quelle est la légitimité des communes périphériques à nous imposer ce choix ? »

Le principe communautaire, peut-être. Mais voilà, à l’Agglo, Guéret n’est représentée “que” par 20 sièges, contre 35 pour l’ensemble de toutes les autres communes. Il y aurait donc un risque de hold-up par “les périphériques” en faveur du projet de Courtille ? Les choses ne sont pas si monolithiques (notre édition du 10 juin).

Touché, coulé ?

Et, de toute façon, l’Agglo, ce soir, n’est pas là pour répondre. En outre, elle n’aurait pas communiqué l’ensemble du dossier à la Ville qui le lui demandait... C’est ce que précise Madame Fournier dans ce qui ressemble de plus en plus à un jeu de bataille navale : on vise à distance et à l’aveugle…

La maire en profite pour préciser que la réunion était ouverte à qui le voulait, « ni invitations, ni ségrégation », contrairement à ce qui avait pu être perçu sur la page Facebook de la Ville, où l’on demandait de présenter une carte d’identité pour pouvoir voter, en tant que Guérétois, à la petite consultation organisée en sortie de réunion. Dans cette urne : 117 bulletins, 94 % en faveur du centre-ville.

De quoi donner un peu de vent dans les voiles à la Ville, avant le gros temps à l’Agglo ?

L'argument italien De tous les arguments contre une implantation à Courtille, il en est un particulier que l’on ne voyait pas venir, mais qui est apparu avec force mardi soir : le projet entraînerait la disparition des cabanes des Italiens, le hameau (aujourd’hui à l’abandon) où logeaient nombre de familles transalpines dont les hommes sont venus travailler dans les carrières du Maupuy au début du XXe  siècle. Avec beaucoup de passion dans la voix, plusieurs descendants, dont des adhérents à l’association El Fogolar del Monpy, ont dit leur opposition à la disparition de ces vestiges. Et leur souhait de voir au moins une partie du site valorisée d’une façon ou d’une autre.

Floris Bressy

floris.bressy@centrefrance.com

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