"Défaillance parentale" ou "épanouissement de l’enfant"… L’éducation positive divise nos lecteurs
Les dérives de l’éducation positive
Jean-Paul Delafenêtre, Esclauzels (Lot)
L’essentiel est opportunément dit dans l’éditorial d’Anne Rosencher. Pendant toute ma vie professionnelle, dans mon cabinet d’avocat, je n’ai cessé de rappeler l’évidence suivante aux Français en situation de rupture : "Tant que vous dites oui à votre enfant, vous ne commencez pas l’œuvre d’éducation. C’est quand vous lui dites non, avec l’autorité suffisante, c’est-à-dire celle du cœur, et quand vous lui expliquez pourquoi, dans son intérêt, il vous est impossible de transiger sur le non, que vous commencez l’œuvre d’éducation." La réponse, dubitative, était invariablement la suivante : "Vous croyez ?" On voit aujourd’hui le résultat malfaisant pour l’enfant de la défaillance parentale héritée de Mai 68, défaillance qui se traduit par le fait que les parents d’aujourd’hui n’osent plus transmettre à l’enfant roi les repères, repères qu’ils avaient eux-mêmes reçus de leurs parents, pour rester debout dans les épreuves de la vie. ("Les dérives de "l’éducation positive" préparent une catastrophe politique", L’Express du 8 juin 2023.)
Pour l’épanouissement de l’enfant
Yves Morel
Votre éditorial sur l’éducation positive m’a attristé. Que celle-ci puisse être critiquée, pourquoi pas ? Un dialogue constructif ne saurait qu’être positif. Mais l’éducation positive ne prône en rien le laxisme, cela est précisé dans tous les livres consacrés à ce sujet. Elle a pour principal objectif le respect et l’épanouissement de l’enfant et le développement de son sens de la responsabilité et de la liberté. J’aurais attendu qu’un journal comme L’Express, fidèle à l’esprit de ses fondateurs, se place plus dans la ligne du progrès que dans celle de la régression. Pourquoi cette hargne contre une vision plus pacifiée, plus respectueuse, plus collaborative de la relation adulte-enfant ? ("Les dérives de "l’éducation positive" préparent une catastrophe politique", L’Express du 8 juin 2023.)
Le temps a donné raison à Raymond Aron
Bernard Lipp, Dole (Jura)
Quel plaisir de voir de nouveau mise en avant la pensée de ce philosophe, économiste et sociologue longtemps ridiculisé par une bonne partie de l’intelligentsia aux dépens du "grand" Sartre, qui avait refusé de voir les villages Potemkine lors de sa visite en URSS ! Le temps lui donne mille fois raison encore. Le retour de la guerre en Europe nous rappelle les valeurs si précieuses de nos démocraties occidentales, même si elles montrent leur faiblesse par un pouvoir trop souvent sous l’emprise de l’électoralisme… ("Dominique Schnapper : "Pour Raymond Aron, la défense du monde libre passait par les Etats-Unis"", L’Express du 8 juin.)
La lucidité de Jean Peyrelevade
Alain Rochat, Lyon (Rhône)
Quelle lucidité que celle de Jean Peyrelevade ! Bienvenus sont les rappels de chiffres de l’ordre de 30 milliards d’euros environ pour les déficits des retraites (fonction publique comprise) et de l’erreur de 1981 concernant la retraite à 60 ans. Jean Peyrelevade esquisse de surcroît des solutions pour l’avenir : hausse de la TVA et retour d’un ISF rénové. Ce sera difficile, mais il faut en parler. ("Jean Peyrelevade : "Macron incarne le déni de réalité à lui seul"", L’Express du 8 juin.)
Revendications salariales et sécurité de l’emploi
Marjorie Duriez, Saint-Sauveur (Dordogne)
Après les infirmières et les enseignants, c’est au tour des secrétaires de mairie de revendiquer un meilleur salaire et des évolutions de carrière, arguant que leur salaire est à peine plus élevé que le smic. J’aimerais juste dire aux travailleurs revendicateurs qu’il n’est pas possible d’avoir à la fois le beurre, le salaire de la crémière et le pré vert du fermier d’en face. Il serait souhaitable que ces éternels insatisfaits considèrent qu’ils ont un métier à vie et que cela n’a pas de prix quand d’autres doivent faire face au chômage plusieurs fois dans leur vie. ("La pasionaria des secrétaires de mairie", L’Express du 8 juin.)
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