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Pro D2 : Aurillac a montré deux visages à Agen et termine sur une grimace

Des deux visages montrés par Aurillac, vendredi 19 janvier à Armandie (23-21, 17e J. de Pro D2), on voudra évidemment retenir celui du deuxième acte. Mais le manque d’engagement en première période pose question, et surtout, il a pesé lourdement dans la note finale.

On n'a pas aimé

Un premier acte tout mou

Si les regrets sont immenses au vu de la deuxième période, c’est surtout parce que le Stade n’a pas été capable de mettre le bon degré d’engagement au coup d’envoi. En place en défense mais trop sages, les Aurillacois ont cruellement manqué d’engagement, d’envie, d’agressivité. Sans le moindre plaquage offensif. Et dans ce sport, ça ne pardonne pas. « En première, on a du mal à rentrer dans l’engagement physique tout simplement. À monter et à défendre. Je crois qu’on perd cinq ballons sur le jeu au sol. Et on n’arrive pas à mettre en place notre jeu », résumait Jérémy Wanin au sujet de ces quarante premières minutes sans véritable impact. « On n’a pas tenu le ballon, en défense on les a attendus et ils gagnaient toutes les collisions », listait l’entraîneur des arrières.

L'indiscipline cantalienne

Ça va avec le premier point manqué. Pas agressif, le Stade s’est mis sous pression et a commis des fautes. Beaucoup, beaucoup de fautes. 10 à la pause, pour un total de 16 à la fin du match. Et heureusement pour Aurillac, Thomas Vincent n’a pas été en totale réussite avec 6 points oubliés en touchant deux fois du bois. Des hors-jeu de ligne, des ballons gardés au sol, le Stade s’est mis sous pression tout seul. Et ce n’est donc pas seulement sur les deux dernières fautes du match qu’il perd cette partie. « On perd aussi avant, oui », reconnaissait Jérémy Wanin. « Bien sûr que la première période est dans les têtes de tout le monde dans le discours final. On ne peut pas se permettre d’être une équipe à réaction quand on est mené 20-3 ».

Le jeu au pied avant la pause

Dans ce secteur qu’il est pourtant censé maîtriser sur le bout des orteils, Aurillac a été trop faible dans son jeu au pied en première période. Souvent sous pression, il s’est davantage débarrassé du ballon, avec des coups de pied tapés en catastrophe qui rendaient des munitions aux Agenais, bien plus précis. Même si, là aussi, le tir a été rectifié après la pause. À une exception près : l’ultime renvoi, tapé trop long, là où il fallait qu’il soit court pour se donner une chance de le récupérer ou d’obtenir une pénalité. « C’est ce qui était prévu. On ne veut pas donner le ballon à l’adversaire pour qu’il tape en touche. C’est mal réalisé techniquement. Ça arrive. Mais bien sûr qu’on voulait le récupérer », notait Jérémy Wanin.

On a aimé

La révolte après la pause

Transfiguré au retour des vestiaires, Aurillac a alors commencé un autre match. Justement celui qu’il s’était promis de réaliser d’entrée de jeu. « À la pause, le discours est d’abord entre les joueurs. Parce qu’on se dit des choses avant le match qu’on ne respecte pas en première période. Le discours est un peu tactique, mais il est beaucoup sur l’aspect mental et l’engagement. Quand tu es mené 20-3, si t’as pas une révolte, tu en prends 50 », détaillait l’entraîneur adjoint qui voulait retenir cette réaction pour capitaliser dessus la semaine prochaine.

La conquête aurillacoise

Avec un seul ballon perdu en touche, deux contestés en l’air et une mêlée qui a fait un 100 %, la conquête a tenu son rang. Notamment la mêlée qui, même sur le coaching avec l’entrée de Mchelidze et Crétu, est restée positive, jusqu’à ce que Kartvelishvili revienne pour enfoncer le clou. La tactique était payante et Agen n’a pas su s’adapter, ce qui a conduit logiquement à l’essai de Tison. Même les quelques fois où Aurillac n’obtenait pas la pénalité, ou était un peu limite, le positionnement de Maituku puis de Gbizié en 8 a permis de sécuriser les ballons. Au moins, sur ce point, il y a eu de la continuité par rapport à la semaine dernière.

L’essai de van Rensburg

Pour son retour, l’ailier sud-africain a marqué son deuxième essai en pro. Sur une belle séquence qui illustre le potentiel d’Aurillac quand tout le monde joue en équipe et qui rappelle les belles heures de la phase finale Espoirs. « Quand on avance comme ça avec les avants, c’est obligé pour les défenses de se resserrer. J’ai vu l’ailier en face de moi qui serrait un petit peu. Pas trop, il était toujours en face, mais à plat. J’ai pris le champ et j’ai demandé. En fait non, je n’ai pas demandé le ballon, mais j’ai donné une option à Antoine (Aucagne) et il a très bien tapé », résumait l’ailier. 

Jean-Paul Cohade

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