Près de 400 personnes ont manifesté en Corrèze contre la loi immigration
À Tulle, quelque 200 manifestants se sont réunis ce dimanche 21 janvier, à 15 heures, devant le tribunal judiciaire avant d’entamer une marche jusqu’au parvis de la cathédrale. Des mobilisations contre la loi immigration ont eu lieu un peu partout en France ce dimanche. Les manifestants ont dénoncé d’une seule voix des mesures synonymes d’exclusion, « loin de la fraternité inscrite au frontispice de la devise républicaine ».
« On n’a pas besoin de ça »Pour Nicolas Marlin, secrétaire du PCF, « il faut continuer la mobilisation, mais aussi la pédagogie. Expliquer que ce que l’on nous assène sur l’immigration est faux ». Une volonté de rester mobiliser que partageait aussi Céleste, représentante d’un mouvement lycéen : « C’est une loi abjecte, qui correspond aux idées du RN?! » Dans le cortège, Didier, avocat, faisait part de ses inquiétudes : « La loi est déjà très coercitive, avec beaucoup de décisions de reconduites à la frontière. On n’a pas besoin de ça. »A Brive, 180 personnes environ étaient réunies sur le boulevard, devant la sous-préfecture.
À Brive au même moment, devant la sous-préfecture, près de 180 personnes se sont rassemblées autour de prises de paroles libres. Thierry Rousseau (CGT) distribuait le micro. Un militant de la Cimade en a notamment profité. « Si les gens se noient dans la Méditerranée, c’est qu’il n’y a plus de voies d’immigration légale », a-t-il lancé. Chloé Herzhaft (Europe Écologie les Verts) n’a pas hésité à viser l’extrême droite. « Elle est très présente en France et Brive ne fait pas exception. La seule réponse sera collective. »
Mais la prise de parole la plus émouvante a été celle de l’ancien élu communiste André Pamboutzoglou qui, comme un pied de nez, a commencé ainsi : « J’aime pas les étrangers. Je suis Français et fier de l’être. Et je m’appelle Pamboutzoglou. Dans mon village, il n’y avait que des étrangers, des Polonais, des Italiens, des Grecs… Ils travaillaient à la mine, arrachaient le charbon pour que tout le monde puisse se chauffer. Le grisou, lui, ne regardait pas sur quelle tête il tombait… » Une évocation du passé pour mieux envisager l’avenir.
Emilie Auffret et Julien Bachellerie