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Tim Daniel (Aurillac) : "Je veux prendre du plaisir avec les potes, c'est mon état d'esprit jusqu'à la fin"

Il avait encore de l’énergie, samedi 20 avril, en bord de terrain à Maurs, pour distiller ses consignes et un message positif envers les Espoirs, malheureusement battus 11-14 par Agen. À 35 ans, Tim Daniel était peut-être encore sur l’adrénaline de la veille et de ses 70 minutes de (très) haut vol signées contre Béziers (27-7) dans un match où il a dû rentrer dès la 8e minute pour suppléer Lasha Mchelidze, victime d’un claquage aux adducteurs.

À la pile droite de la mêlée comme dans le jeu, le Nîmois, arrivé un matin d’hiver 2020 à Aurillac comme joker, a signé une partie mémorable alors que la retraite s’approche.

A 35 ans et alors qu'il va prendre sa retraite à la fin de saison, Tim Daniel a montré contre Béziers qu'il combattrait jusqu'au bout, avec 70 minutes épatantes vendredi 19 avril.

Celui qui a déjà entamé sa reconversion en intégrant le staff des Espoirs et a officialisé la fin de sa carrière de joueur pour cette fin de saison avait envie de prendre son pied, et il l’a pris. Continuant à charger ballon en main jusque dans les cinq dernières minutes d’un match que le Stade a maîtrisé sur la durée.

« Je regarderai le match demain, ou peut-être plutôt dimanche matin (sourires) parce qu’il y a toujours des choses à corriger, même si à mon âge on est plus proche de la fin, et même très proche », glissait le trentenaire, à la sortie de ce « match référence du Stade ».

« On n'a pas de pression les gars ! Faut qu'on joue ! »

« Bien sûr qu’on prendra plaisir à regarder ce match », confirmait le Gardois. Du plaisir à le regarder, et du plaisir à le jouer, surtout, pour le pilier comme pour tout le groupe. Et ça avait d’ailleurs été le maître-mot de la semaine, quand bien même cela peut paraître paradoxal alors que la pression était conséquente sur les Cantaliens.

« On a été transcendé par l’envie de bien faire, par l’envie de se retrouver entre nous, de se donner quelque chose. Il y a des mecs qui vont partir, d’autres arrêter ou rester. On avait envie de faire un bon truc. On s’est régalé. Il fallait qu’on se lâche », pointait le droitier. « C’est vrai que des fois il faut qu’on ait cette pression [pour sortir ce genre de match], et pourtant pendant l’échauffement, avec Latu (Maituku) on parlait aux mecs – c’est vrai qu’on fait partie des vieux – et on leur disait “on n’a pas de pression les gars. Faut qu’on joue, qu’on se régale” », détaillait le pilier.

« Les dix dernières minutes c’est du mental »

Entre orgueil et envie de profiter de ses derniers instants, de « ces quatre matchs qu’il restait » – plus que trois désormais pour lui – Tim Daniel a été comme libéré d’un truc.

Et a surtout tenu au mental jusqu’au bout, sans se prendre la tête avec cette idée que, au moment de son entrée, il se préparait à passer un sacré bout de temps sur le terrain, ce qui risquait fort d’être dur à encaisser sur la durée.

« Chaque fois que je voyais Tim je lui disais : “Allez, encore quinze minutes”, ou “il y a plus que dix minutes” parce que je voyais qu’à la 50e ça commençait à être dur », riait son capitaine Didier Tison.

« Les dix dernières minutes c’est vraiment au mental. Parce que je ne m’attendais pas à ça. Je crois que personne s’y attendait (rires). Il fallait le faire, assumer le job jusqu’au bout. On avait décidé de faire un gros match, on savait que ça allait être raide, on a relevé le défi », reconnaissait le Nîmois.

« C’est une prestation à la hauteur du joueur qu’il est » 

« On s’étonne de ce genre de performance… Ce qu’il a fait, c’est bien, mais c’est son job », souriait Mathieu Lescure. « Je ne pense pas qu’il ait joué beaucoup de matchs en Pro D2 avec autant de temps de jeu, et sur la fin il nous l’a fait comprendre en regardant le banc, mais il a fait une prestation à la hauteur du joueur qu’il est, tout simplement », retenait l’entraîneur.

Je suis très content pour lui, parce que c’est un joueur qui nous apporte des choses très souvent dans le jeu, dans sa capacité à avancer. Et les petites choses qu’on pouvait lui reprocher, si on doit parler de reproches, ou plutôt de pourquoi il jouait moins, c’était la tenue en mêlée et ce soir il a fait le job, et je pense que c’est une des clés du match : qu’on ait réussi à tenir ce combat en mêlée fermée.

Alors qu’il tire ses dernières cartouches, le vieux fusil Tim Daniel va devoir en sortir encore deux ou trois. La blessure de Lasha Mchelidze et la convalescence de Kartvelishvili vont encore faire de lui un acteur majeur de cette fin de saison qu’il dévore comme un jeune homme. 

« Le derby ? On va être excité toute la semaine »

« Dans ma tête j’ai 25 ans », soufflait le futur retraité. La fin du bloc devrait quand même être accueillie avec bonheur par le trentenaire, mais avant ça il y a encore une sacrée dose de plaisir et d’adrénaline à s’envoyer dans les tripes et le cerveau et ce derby qui, dès le début de saison, faisait saliver le vieux grognard.

« Qui n’aimerait pas aller jouer à Brive?? Bien sûr qu’on va être excité toute la semaine. C’est le même état d’esprit qu’on doit avoir : prendre du plaisir. Moi c’est mon état d’esprit jusqu’à la fin. Prendre du plaisir avec les potes. Et après tout peut arriver », posait le catalyseur de cette envie aurillacoise décuplée contre Béziers. Qui devrait être encore démultipliée dans le derby. 

Texte et vidéo : Jean-Paul Cohade Photos : Jérémie Fulleringer

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