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"Son visage était défiguré" : une femme condamnée pour des violences sur sa compagne, dans le Puy-de-Dôme

La présidente de l’audience montre les photos du dossier à ses assesseurs. Sur ces clichés format A4, on découvre le visage boursouflé et griffé de la victime. Ainsi apparaît cette femme de 58 ans, le 1er juillet 2021, vers 2 heures du matin, devant une propriété de l’est du Puy-de-Dôme appartenant à sa compagne. Au rez-de-chaussée de la maison gît aussi, sur le sol, cette dernière, âgée de 59 ans. Elle est ivre, elle a la chevelure ensanglantée et devient virulente en se relevant.

Au départ, un barbecue avec des amis

D’après les premiers éléments, la femme au visage tuméfié, une informaticienne, vient de subir un déferlement violences de la part de sa conjointe. Le récit qu’elle livre aux gendarmes est édifiant.

Tout démarre par un barbecue organisé par la maîtresse des lieux, avec des amis. Les verres d’alcool se remplissent et se vident. La soirée s’étire. La compagne, sentant que les choses vont dégénérer, décide d’aller se coucher. La situation s’envenime en effet. Non pas autour du barbecue mais lorsque son amie la rejoint, dans la chambre, très alcoolisée. L’informaticienne se lève, se fâche, dit son intention partir à tout jamais.

Une dispute éclate au cours de laquelle sa conjointe, plus costaude qu’elle, lui porte des coups au visage, puis appelle sa mère en renfort. La septuagénaire, arrivée dans la chambre, saisit la compagne par les cheveux et la plaque au sol.

La quinquagénaire parvient à se défaire de l’étreinte des deux agresseuses en projetant une tasse qui atterrit sur la tête de son amie. Mais les violences se poursuivent dans l’escalier où celle-ci saisit ses cheveux, cogne sa tête contre un mur puis, dans la cuisine, lui assène coups de genoux et de pieds. Cette attaque aussi brutale que soudaine lui vaudra deux jours d’ITT et un traumatisme encore palpable, près de trois ans après.

Elle outrage les gendarmes

"Son visage n’était pas abîmé, il était défiguré !", s’insurge Me Lucille Girard, son avocate. Ce n’était visiblement pas la première fois que l’irascible s’en prenait à son amie. Elle est aussi poursuivie pour l’avoir menacée et intimidée trois mois après les faits et pour avoir outragé les gendarmes venus lui apporter une convocation.

Absentes à l’audience, la mère et sa fille contestent. La seconde affirme que dans la bagarre, c’est elle qui a subi. Elle a d’ailleurs fait citer sa compagne en tant que prévenue.

Les coups de tête contre le mur ? C’est elle-même qui se les serait infligées. "Ma cliente, alcoolisée, n’était pas en capacité de faire quoi que ce soit, il est important qu’elle soit aussi reconnue comme victime", soutient Me Khalida Badji.

Françoise Chadefaux-Galay, au parquet, n’est pas de cet avis. Pour elle, la seule victime est bien la compagne. Elle demande 700 € d’amende pour la mère et cinq mois avec sursis probatoire pour la fille.

Le tribunal, lui aussi persuadé de leur culpabilité, va plus loin pour la seconde : dix mois de prison avec sursis.

Olivier Choruszko

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