Bruit Noir et Michel Cloup, le rock indigné d’une France à bout de nerfs
1.Le buzzBruit Noir et Michel Cloup: époque médiocre et grand rock C’est un monde obscène, où plus rien n’a de sens. Où tout le monde juge tout le monde. Où on perd sa vie à la gagner. Où le chacun-pour-soi est un art de survivre. Où tout est moche. Où les génies sont poussés au suicide par les médiocres. Où l’administration est un boulet étouffant. Où le low-cost crée d’inhumanité. Où la malbouffe crée de l’inhumanité. Où l’inhumanité est devenue notre animalité. C’est un espace sans issue où votre prochain est un cauchemar; où détester son prochain est moins un choix qu’une fatalité. Où chaque lieu de vie pseudo-sociale est détestable. Où vieillir est un naufrage qui commence avec la vie d’adulte, surtout au travail, mais pas que. Où il faut rationnellement envisager d’en finir. Où composer le requiem de sa disparition programmée est bien le meilleur moment de créativité et d’accomplissement qu’on puisse concevoir. Ce monde, c’est le vôtre, c’est le nôtre. C’est le portrait qu’en dressent, en musique, avec une radicalité digne du punk britannique primitif de l’automne 1976, deux groupes français qui auront marqué l’hiver 2015-2016 de leur noirceur et leur acidité, Bruit Noir et Michel Cloup Duo. Deux groupes, c’est beaucoup dire: ce sont deux duos portés par un parolier-chanteur enragé, où le ping-pong entre la tension rythmique du batteur et la colère débordante de la voix lead marque le ... Lire la suite