Cannes, Jour 11: un iguane flamboyant, un astre mourant et quelques (rares) autres
Deux films à peu près entièrement dépourvus d’intérêt occupent les cases de la sélection officielle pour son avant-dernière journée. Films au demeurant assez différents. The Neon Demon du danois Nicolas Winding Refn est une BD très chic dans le monde des mannequins, autour d’une fraiche jeune fille qui sera dévorée par ce milieu implacable. Si l’histoire n’a à peu près aucun intérêt, la première demi-heure offre quelques propositions visuelles, dans le genre publicités hyper-stylisées, qui aguichent et amusent. Mais Nicolas Winding Refn n’ayant décidément rien à dire, tout cela se délite en mélange infantile d’érotisme décoratif, d’étalage de luxe, de gore et de moralisme.
Une cause noyée dans le kitsch
Tout aussi dominé par l’imagerie publicitaire, mais d’une manière autrement plus embarrassante, The Last Face de Sean Penn tricote besogneusement ensemble un plaidoyer pour l’action humanitaire en Afrique et une romance à l’eau de rose (coupée de beaucoup de sang) entre Charlize Theron et Javier Bardem, «médecins du monde» plus beautiful people qu’il n’est supportable.
Penn est un bon cinéaste, ses quatre premiers longs métrages en attestent. Mais la cause qu’il entend servir –la dénonciation de la terreur sans fin que subissent les habitants de plusieurs régions d’Afrique, du Liberia du début des années 2000 au Sud Soudan, et désormais au Nigeria– ne rend pas moins urgente ... Lire la suite