Dans cent ans, les historiens diront que le Brexit était inévitable
Le fait que le Royaume-Uni –Angleterre et Pays de Galles en tête– ait clairement voté cette semaine en faveur d’un départ de l'Union européenne est un choc planétaire. Les marchés, manifestement surpris, sont pris de panique; les éditorialistes sont sous le choc.
Mais si nous observons cet épisode sur la longue durée, le Brexit n’a rien d’étonnant; les futurs historiens pourraient bien le considérer comme inévitable. Comme elle l’a déjà fait à maintes reprises dans le passé, la Grande-Bretagne va devoir renégocier une nouvelle relation avec ses voisins les plus proches et avec le reste du monde. Et comme cela a déjà été de nombreuses fois le cas par le passé, cela entraînera de nombreuses divisions internes et des conflits potentiellement pénibles.
Deux histoires intimement mêlées
La Grande-Bretagne est la seule grande île tempérée au monde à être située à moins de 30 kilomètres d’un continent. Voilà le matériau brut de son histoire, caractérisée par des relations mouvantes entre l’île, le continent et le monde au-delà des mers.
Au cours des 1.400 années documentées de l’histoire de la Grande-Bretagne –les trois quarts de son histoire– elle a très souvent fait partie d’un ensemble européen plus vaste: l’Empire romain, le royaume scandinave du roi Knut, la Normandie de Guillaume le Conquérant ou l’Empire angevin des Plantagenêts (qui comprenait la moitié de la France actuelle). Sa langue, ... Lire la suite