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L’adversaire, c’est la finance, mais quand elle est à Londres

S’il est un passage du discours prononcé par le candidat François Hollande le 22 janvier 2012 au Bourget que chacun a encore en tête, c’est bien celui-ci: «Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.» Un peu plus de quatre ans plus tard, son Premier ministre, Manuel Valls, déclare fièrement lors des rencontres Paris Europlace: «Nous voulons construire la place financière de demain.» L’écart entre les deux discours est saisissant. L’un diabolise le monde de la finance, l’autre fait miroiter devant les financiers établis à Londres tous les avantages qu’ils pourraient trouver à développer leurs activités à Paris. Mais le premier était tenu devant des militants en période de campagne électorale, le second a été tenu par un Premier ministre en poste devant un parterre de professionnels. La différence de public et de circonstances peut-elle justifier un écart aussi important? Certainement pas: le candidat Hollande savait que le pouvoir politique qu’il essayait de conquérir aurait d’autant plus besoin du pouvoir financier que l’État français était lourdement déficitaire et endetté et que cette situation était appelée à durer. Dans le monde d’aujourd’hui, un chef d’État ... Lire la suite

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