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«Ils ont essayé de me séquestrer» : une athlète russe accuse l'AMA d'interrogatoire violent

A quelques jours de la diffusion par la chaine allemande ARD d'un documentaire sur le scandale de dopage impliquant la Russie, Anastasiya Bazdyreva, âgée de 24 ans, a décidé de se livrer à RT sur l'épisode désagréable qu'elle a du subir lorsqu’elle a été interrogée par des agents de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA). 

L'athlète a indiqué qu'elle avait été contactée par un journaliste allemand qui affirmait travailler sur une «enquête journalistique». Selon elle, ce dernier lui a posé beaucoup de questions questions liées au dopage.

«Au début, je n'ai pas voulu répondre à son mail, mais après coup, j'ai changé d'avis», a déclaré Bazdyreva à RT. L'athlète, bien que fatiguée par toutes «ces pseudo-enquêtes», craignait en effet que son silence ne soit interprété comme un aveu de culpabilité.

«Personne n'essaie de voir l'autre côté de l'affaire», a-t-elle raconté, ajoutant être «toujours inquiète de la version finale du film» qui selon elle pourrait «déformer» son histoire et placer ses propos hors contexte.

«Vous savez, en 2015, pendant le championnat d'Europe [d'athlétisme] à Prague, on m'a m'enfermée dans une chambre avec trois agents de l'AMA (l'Agence Mondiale Antidopage). Je ne sais même pas s'ils étaient encore en fonction. Je leur ai demandé de présenter leurs identité à plusieurs reprises, mais,ils ont refusé. Après quoi, ils m'ont livrée à un interrogatoire violent. J'étais loin de m'imaginer qu'ils pouvaient utiliser de telles méthodes», a-t-elle raconté à RT.

L'athlète, qui a été par la suite disqualifiée après avoir été accusée de dopage, a également déclaré qu'après l'incident de Prague, elle avait été «caractérisée comme étant «agressive et ne voulant pas coopérer», selon un rapport de l'AMA.

«Il y avait trois armoires à glace qui me forçaient à faire des choses sans m'expliquer quoi que ce soit, alors que nous nous trouvions dans une capitale européenne, et c'est moi qui suis agressive ? A ce moment là j'étais juste pétrifiée», a-t-elle témoigné.

«La simple pensée que j'ai acceptée de répondre à une personne qui, pour une poignée d'euros a fomenté une histoire de toutes pièces me rend malade», a déclaré Bazdyreva.

Au cours des deux dernières années, la Russie a toujours fermement nié les accusations de dopage à grande échelle de ses athlètes. Des allégations ont d'abord fait surface à la suite d'un documentaire (de l'ARD encore une fois) paru en 2014, ce qui a conduit l'AMA suspendre l'Agence russe antidopage (RUSADA) en Novembre 2015.

L'année suivante, l'AMA a publié un rapport de l'avocat canadien Richard McLaren, qui détaillait les résultats de son enquête sur les allégations de dopage aux Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014, entraînant des sanctions contre les athlètes russes.

Lire aussi : Dopage : quand des dirigeants de l’AMA évoquent la Russie et oublient de couper le micro (EXCLUSIF)

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