L'affaire du supporter corse éborgné nous raconte une histoire très française
C’est une histoire trompeuse: on croit que ça parle de la Corse, parce que cette île sait mettre en musique et rage ce qui arrive à ses fils, mais en réalité, ça parle de l’Etat français, qui éborgne parfois ses sujets. On a manifesté à Bastia samedi, et en Corse depuis une semaine, parce qu’un jeune homme de 22 ans a perdu un oeil, ayant croisé la route des policiers rémois le 13 février après le match Stade de Reims-SC Bastia. C’était un après-match agité, tissé (version de la police) de violence et d’insultes contre les forces de l’ordre, marqué (version des supporters) par une agression délibérée desdites forces de l’ordre contre les ultras bastiais. Maxime Beux, 22 ans, étudiant à Corte, a pris un projectile de flash-ball et des menaces policières, dit-il. Il a un oeil en moins. Pour les autorités, c’est en tombant qu’il s’est éborgné. On en est là, avec enquête en cours et procès à suivre, puisque d’autres ultras bastiais seront jugés en mars. La Corse s’en indigne. Son président nationaliste Gilles Simeoni est solidaire et prudent. il y a des cagnottes de solidarité, des pages Facebook, du bruit et des slogans, une odeur de poudre et un parfum natio. On connaît. Les Corses croient qu’ils sont corses alors qu’ils sont français, c’est à-dire dépendants d’un État qui ne fait pas tout à fait dans le détail quand il réprime, tout à sa détestation du désordre et son peu d’appétance pour la ... Lire la suite