“Cachez-moi ce sein que… j’ai cherché à voir !” - Par Madiambal Diagne

On aimerait bien savoir si le Sénégal a défini dans sa législation les caractéristiques du port vestimentaire d’une femme ? La dame Ramatoulaye Diallo, de son nom d’artiste «Déesse Major», est retenue depuis trois jours à la police pour avoir posté sur un réseau social une vidéo dans laquelle elle est habillée en débardeur avec une culotte en «Jean», dansant, dans son salon, au son d’un tube de «rap». Cette vidéo n’est accessible que par les personnes qui suivent le compte de «Déesse Major» dans ce réseau social. En d’autres termes, les personnes qui ont pu s’offusquer de la tenue «libertine» de «Déesse Major», font partie de celles qui la suivent régulièrement sur son compte. Une organisation, qui s’improvise recteur de la moralité des Sénégalais et appelée, de façon prétentieuse, le Comité pour la Défense des valeurs morales du Sénégal (Cdvm), a estimé devoir porter plainte.
Les responsables de cette association peuvent avoir l’audace ou le toupet de porter plainte contre «Déesse Major» au risque que cette dernière se retourne contre elle pour dénonciation calomnieuse. Mais on ne peut pas ne pas s’étrangler que la police nationale en arrive, pour des futilités pareilles, à placer la jeune dame en garde à vue. La police n’avait aucune raison de retenir la chanteuse, d’autant que l’enquête ouverte n’a retenu aucune caractérisation délictuelle des faits. En effet, l’enquête ouverte, suite à une saisine par le parquet de Dakar, a permis d’entendre la mise en cause ainsi que le plaignant et a été bouclée le vendredi 17 juin 2016 à 11 heures 25 minutes précisément.

Cela laissait tout le temps de présenter «Déesse Major» au Procureur de la République pour la suite à donner à cette affaire. Seulement, le chef de la Sûreté urbaine de Dakar a estimé devoir placer la dame en garde à vue jusqu’à ce lundi 20 juin 2016 avant de la faire présenter au parquet. La notification de la garde à vue n’a visé aucune infractio...

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