«Ce qu’il reste de la folie», un documentaire pour dire le monde autrement
On ne compte plus les exemples mémorables où le documentaire, allant à la rencontre de ceux qu’on dit fous, révèle le meilleur de ses qualités d’intelligence du monde et de ceux qui le peuplent. Cette capacité de générosité et de finesse répond à sa propre mise en danger par les comportements «déviants» de ceux qu’il filme, et l’ampleur des questions que ces comportements soulèvent, dès lors qu’on y prête attention sans les juger.
Depuis les fondateurs Le Moindre Geste de Fernand Deligny, chef-d’œuvre sauvage, Titicut Follies de Frederick Wiseman et San Clemente de Raymond Depardon, puis La Moindre des choses de Nicolas Philibert, plus récemment grâce à Sandrine Bonnaire (Elle s’appelle Sabine), Malek Ben Smail (Aliénations), Valérie Mrejen (Valvert), Mariana Otero (À ciel ouvert) ou Wang Bing (À la folie), c’est plus et mieux qu’un genre ou un thème qui s’affirme. La preuve d’une capacité du cinéma d’ouvrir à d’autres sensibilités et à d’autres compréhensions, dont le sens excède infiniment la seule «aliénation mentale».
Traduire la folie
C’est à nouveau le cas avec Ce qu’il reste de la folie, le film de Joris Lachaise qui sort cette semaine. Son réalisateur est allé filmer dans l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar. Ce choix engendre, pour nous spectateurs européens, un double écart: vis-à-vis de la maladie et vis-à-vis de l’Afrique.
Mais ce ... Lire la suite