Les fonds politiques ne sauraient expliquer aucune reculade…(par Mody Niang)

« Dans quel pays vivons-nous » ? C’est le titre de mon dernier texte publié par des sites de la place. Je me pose aujourd’hui la même question, après les rebondissements que nous avons connus le mardi 19 juillet 2016. La presse révèle ce jour-là que le Procureur de la République s’est autosaisi de l’Affaire dite du « Protocole de Reubeuss » et, que dans ce cadre, des personnes allaient être immédiatement entendues par la sûreté urbaine. La nouvelle est favorablement accueillie par les citoyens et, parfois même, avec enthousiasme. Cependant, leur espoir sera de courte durée. Le temps d’une rose, une autre nouvelle infirme la première et fait état de « reculade », de « volte-face » de l’Etat. Les auditions annoncées sont renvoyées sine die. Les autorités gouvernementales et judiciaires restant muettes comme des carpes, personne ne peut s’aventurer à affirmer ou à infirmer l’une ou l’autre nouvelle. En tous les cas, si l’auto-saisine est enterrée quelques heures à peine après avoir été annoncée, il y a vraiment de quoi désespérer encore de notre pays, de notre justice en particulier. En attendant d’en avoir le cœur net, certains arguments sont avancés ça et là, pour expliquer la « reculade » ou la « volte-face » de l’Etat. Des compatriotes, y compris des avocats bien connus, lient imprudemment le « Protocole de Reubeuss » aux fonds politiques du Président de la République. Or, poursuivent-ils, l’utilisation de ces fonds n’est soumise à aucun contrôle : ils sont laissés à la discrétion du Président de la République qui en dispose comme il veut, qui peut même les brûler si jamais l’envie lui venait.

Ce privilège exorbitant accordé au Président de la République est à la base de nombre de dérives, de dérives graves que nous connaissons du 1er avril 2000 à nos jours. Il convient donc d’envisager sérieusement de le remettre en cause, non pas en supprimant les fonds politiques, mais en en encadrant au moins l’utilisation. En attendant d’y revenir, je réfut...

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