Ces dossiers du programme de François Fillon qui vont être exploités par ses adversaires juppéistes et la gauche
PRIMAIRE DE LA DROITE - Si l'arrivée en tête de François Fillon est une surprise, les idées qu'il défend ne le sont pas vraiment. Préconisant une cure d'ultra-libéralisme à la France, le député de Paris porte des idées iconoclastes et conservatrices, offrant autant de fenêtres de tir à ses concurrents.
Et au lendemain des résultats du premier tour de la primaire de la droite, les attaques ciblées venant du camp d'Alain Juppé et de le gauche se multiplient, laissant entrevoir la tonalité de l'entre-deux tours.
International, économie ou encore mariage gay, le point sur les dossiers qui vont être exploités pour tenter de faire trébucher l'ancien premier ministre.
Sa préférence pour le duo al-Assad/Poutine
"François Fillon s'est ouvertement réclamé d'un camp, celui de Bachar al-Assad et Vladimir Poutine." Ce lundi sur RTL, le candidat à la primaire de la gauche, Benoît Hamon, a rappelé que François Fillon était partisan d'un compromis avec le "boucher de Damas" et le président Russe.
À noter que l'ancien premier ministre, qui refuse de qualifier les atrocités d'Alep de "crimes de guerre", ne s'est jamais caché de cette position, affirmant lors du troisième débat de la primaire que "si Bachar al-Assad est toujours là, c'est qu'il a un soutien populaire".
Le député de Paris, dont la porte-parole Valérie Boyer a rendu visite au dictateur syrien au mois de mars, devrait donc faire l'objet d'attaques de plus en plus dures sur cette position qu'il partage avec le Front national. "Je veux une France audacieuse et indépendante, ne prenant ses ordres ni à Bruxelles, ni à Washington, ni à Moscou", a d'ailleurs souligné Alain Juppé dans une lettre adressée à ses soutiens au lendemain du premier tour.
Ses positions sociétales (très) conservatrices
Autre angle d'attaque qui sera exploité par ses adversaires: sa volonté de réécrire la loi Taubira et son conservatisme sociétal correspondant à une fibre catholique qu'il revendique. Soutenu par Sens commun, l'émanation politique de la Manif pour tous au sein du parti Les Républicains, François Fillon concentre de nombreuses critiques sur ce point.
"La droite a choisi un candidat bien à droite, c'est le candidat ultra: ultra conservateur, ultra libéral, ultra anti-mariage pour tous, ultra anti-social, il coche toutes les cases", a déclaré ce lundi le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis au micro de France Info, fustigeant "une droite passerelle avec le Front national sur le terrain de l'identité, de la conception de la famille". Sur RTL, Benoît Hamon a taclé le "rapport aux valeurs chrétiennes de la France".
Et il n'y a pas que la gauche qui exploite ce filon. "Il apparaît clairement qu'il y a deux droites. Une droite conservatrice, plus bourgeoise, plutôt fermée sur son identité, et une droite moderne, plus ouverte sur le centre", a déclaré le juppéiste Jean-Pierre Raffarin sur BFMTV pour rappeler que François Fillon n'a jamais été du côté du progrès en termes de moeurs, lui qui a voté contre la dépénalisation de l'homosexualité en 1982 ou considère aujourd'hui l'avortement comme un droit "non fondamental". Là encore, ce sont des positions que l'on retrouve du côté du parti de Marine Le Pen.
À l'inverse, Alain Juppé a pris soin ce matin de promouvoir auprès de ses militants "une France qui brise les nostalgies conservatrices".
Un programme économique jugé inapplicable
La thérapie de choc préconisée par Fillon a-t-elle une chance d'aboutir? À en croire ses détracteurs, son programme économique est beaucoup trop rude pour être accepté par la population. "Je crois que le programme de François Fillon est un programme qu'il ne pourra pas tenir", a expliqué Jean-Pierre Raffarin.
Ce dernier s'est demandé s'il pouvait gouverner "sans recruter de fonctionnaires dans les hôpitaux, la gendarmerie ou la police?". "On n'a aucune chance de réformer par la brutalité", a-t-il ajouté.
Même son de cloche du côté du centriste Christophe Lagarde, qui doute sérieusement de la capacité de l'ancien premier ministre de mener à bien sa réforme sur la fonction publique. Et cet élément de langage est rôdé dans l'équipe d'Alain Juppé, lequel a souhaité ce lundi mener des "réformes crédibles" pour la France.
"Le programme de Fillon n'est pas applicable en l'état" — Jean-Christophe Lagarde (@jclagarde) #E1Matin #E1Primaire pic.twitter.com/YWwc4w2mGj
— Europe 1 (@Europe1) 21 novembre 2016
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